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18.07.2008

Chaleureuse soirée cubaine au Gent Jazz

Il faut bien chercher, mais un (mini) havane brûle aux lèvres d'un spectateur, sur la pelouse qui borde le chapiteau du Bijloke. Ce vendredi, c'est soirée cubaine au Gent Jazz, histoire de débuter le week-end au rythme de la fête. Trois illustres représentants de la scène afro-cubaine se suivent. Ils ont tous en commun d'avoir joué avec le célèbre Buena Vista Social Club, dont l'orchestre terminera la soirée tout à l'heure, lorsque les douze coups de minuit auront sonné depuis longtemps. Le jeune pianiste Roberto Fonseca a ouvert le feu, avec sa musique imprégnée de la musique traditionnelle de son pays, mais aussi du jazz américain versant Keith Jarrett ou Herbie Hancock, de soul et de funk. Omara Portuondo commence par remercier: "Gracias", qui ouvre son concert, est parfait pour mettre tout le monde dans l'humeur. Mélodies sucrées et rythmes traditionnels perclus de percus sur fûts et de piano martelé mettent des fourmis dans les jambes. Y compris, forcément, sa reprise de "Que sera?" de Chico Buarque. Quant à son hommage à Ibrahim Ferrer, il sonne comme du blues cubain. La diva, bandeau et robe orange, a toujours du souffle malgré son grand âge. Comme lorsqu'elle maintient le dernier son de sa chanson étonnamment longtemps ou quand elle y va d'une courte mais intense chorégraphie accompagnant ses musiciens. Elle alterne tout de même avec la position assise, et recourt aussi aux textes de son livret. Mais pas de quoi perturber la bonne humeur que procure inmanquablement sa musique.  (V.B.) 

28.06.2008

Baduizte, plus que jamais

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Avant de se replonger dans le chaudron, retour en arrière de quelques heures. Après avoir laissé décanter les souvenirs, que retiendra-t-on de la soirée de vendredi? Erykah Badu! Il y a longtemps qu'un concert ne nous avait plus happé de cette manière.  A l'instar de ce qu'elle réussit sur ses albums, la soulwoman texane a créé une bulle en dehors de tout espace-temps, une sorte d'univers plein de surprise, de chaleur humaine et empli, osons le mot, d'une spiritualité bien particulière.

 Comment vous décrire ce concert? On se souvient d'avoir dansé sur des passages funkadéliques endiablés. Mais jamais plus de trois minutes d'affilée. On se souvient d'avoir assisté, sans doute bouche bée, à des dialogues entre les instruments (quel band d'ailleurs !) et la voix de dame Erykah. Mais jamais plus de trois minutes d'affilée. On se souvient d'une diva se déchaînant sur son sampler pour en tirer des sons electro-funk nous ramenant aux débuts du hip-hop. On se souvient d'un skat endiablé sur cette même rythmique. Mais aussi de chants hindous. Et d'explosions de sensualité lorsqu'elle se met à onduler sur de la soul millésimée. Et de  chants langoureux qui, sans crier gare, se transformait en cris hystériques. Et qu'elle m'a dit 'I love you". Enfin pas qu'à moi, mais je l'ai pris comme tel.

 Tout cela est confus, c'est vrai. Mais le "Baduizm" est une expérience qui ravit à la fois les oreilles, le coeur et les sens. C'est un peu mystique donc difficilement explicable. C'est aussi surtout dû à la présence magnétique d'un petit bout de femme qui arrive à captiver des milliers de personnes malgré un concert dont certains passages peuvent être qualifiés d'expérimentaux. En fait, c'est ça: une expérience qui marque. Et que j'espère revivre le 17 juillet lors de son passage au Gent Jazz Festival. Le mieux c'est de s'y donner rendez-vous pour que vous vous rendiez compte par vous-même que je n'exagère pas.