24.04.2009
Chris Isaak toujours bleu
Sept ans qu’il n’avait plus rien produit de nouveau, et Chris Isaak n’est toujours pas plus rigolo. Bête de scène incontrôlable, il cultive au disque une langueur, des états d’âme en détresse et de cœur brisé. "Je ne sais pas si je rentrerai jamais à la maison", commence-t-il par chanter dès l’entame, "Cheater’s Town". Le titre de l’album, "Mr. Lucky", serait donc à prendre, une fois encore, au second degré.
N’est-ce pas lui qui intitulait son cinquième album "Forever Blue" ? Bleu son jeans, bleue sa chemise à carreaux, bleue sa guitare, bleus au cœur. On l’a toujours connu comme ça. Né le 26 juin 1956 à Stockton, en Californie, il a, dès l’adolescence, été fasciné par le rock’n’roll, surtout tendance Roy Orbison. Dès son premier disque, "Silvertone" (1985), il se faisait chiper deux titres par le cinéaste David Lynch pour son film "Blue Velvet". Depuis, à peu près tout le monde, y compris Kubrick pour "Eyes Wide Shut", va fouiner dans ce répertoire plein de romance sur fond de grande prairie et de canyons. L’histoire va dans les deux sens puisque, sorti en 89, "Wicked Game" s’est mis à cartonner début 91, après avoir été inclus au générique de "Sailor et Lula", Lynch encore.
Donc, quand il ne montre pas sa belle gueule en coup de vent au cinéma ou dans un show télévisé à son nom, Chris Isaak poursuit son rêve musical avec une réussite certaine. Même si la tonalité générale est identique, quelque chose a changé avec "Mr. Lucky" : toujours aussi ample et réverbéré, le son est un peu plus pop, plus conventionnel.
Quand Chris Isaak fait du rock’n’roll, il met le paquet ("Mr. Lonely Man"), l’emballe dans une section cuivres jazz ("We’ve Got Tomorrow"), ou vire rhythm’n’blues dans un bouquet final ("Big Wide Wonderful World").
Mais sur disque, le Californien surfeur et boxeur (si! si!) mise surtout sur la ballade, à laquelle il invite, ici, Trisha Yearwood et Michelle Branch. Le titre peut être trompeur : "Very Pretty Girl" a beau être un canon, elle n’en joue pas moins avec les pieds de notre homme qui, pourtant, a fait ses quatre volontés. Alors, il se défoule avec sa Gibson qui, elle, lui est restée fidèle. C’est la vie, mais une chose est sûre : rock’n’roll ou ballade romantique, Isaak conserve partout la flamme et le swing.
Chris Isaak, "Mr. Lucky", *** 1 CD Reprise 49788, Warner Music.
Dominique Simonet
11:54 Publié dans Sorties - Albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chris isaak, mr lucky







































































































