Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

17.02.2010

Des Horrors schizophrènes

Mardi avait enfin lieu le concert de The Horrors.

Postposée et déplacée de l’Orangerie au Cirque Royal dans le but d’accueillir plus de monde, la venue des Britanniques n’a pas su attirer la foule des grands soirs, les gradins paraissant un peu clairsemés. Pourtant, les affreux rockeurs démarrent pied au plancher après une longue intro entre distorsion et larsen. Puis le groupe déroule son second opus quasi entièrement, en y ajoutant “Whole New Way”, présent sur la version japonaise dudit album. L’attention est portée sur les mélodies, l’ambiance est lourde, les nouveaux arrangements judicieux (surtout sur “Sea Within Sea”) et Faris Rotter gesticule comme un diable suspendu au micro. A l’heure de jeu, la bande disparaît mais revient revancharde pour propulser les hits de son premier disque. Place à la vindicte et à l’adrénaline, ce n’est plus le même groupe qui s’ébroue devant nous. L’enchaînement “Gloves”/“Count in Fives” aura finalement raison de nous. The Horrors : vainqueur par K.-O.

Nicolas Capart

11.02.2010

Une Boutik tropicale…

Mercredi s’ouvrait officiellement la dixième Boutik. Et à l’instar d’un premier jour de soldes, bien du monde garnissait les allées.

Lire la suite

25.01.2010

Bonnes nouvelles des étoiles

Depeche mode.jpgDepeche Mode poursuit son “Tour de l’Univers” qui passait par Anvers samedi.

Anvers est sombre, pluvieuse et inquiétante ce samedi soir. Un cadre qui sied bien à la musique de nos hôtes. Devant le Sportpaleis s’agglutinent des milliers de trentenaires et des poussières, cherchant l’abri pour éviter les gouttes. Au café Backstage, de l’autre côté de la route, on a pour habitude de projeter sur grand écran de vieux lives des groupes présents en face. Et l’ambiance bat son plein ! Les pompes à bières font de l’excès de zèle, des chorales s’improvisent aux quatre coins du bar. Un fan éméché s’égosille sur "Personal Jesus" devant un parterre amusé, dansant sous la pluie de l’autre côté de la vitre. Signe, pour nous, qu’il est temps de rentrer.

Lire la suite

24.01.2010

Channel Zero, un retour qui fait du bruit

 

channel zero.jpgAprès 12 ans d’inactivité, le groupe belge de métal remplit six fois l’AB. Un concert avec des hauts et des bas, vendredi, face à un public enthousiaste.

Une fois n’est pas coutume, le premier gros événement musical belge de 2010 est métal, un genre plutôt habitué, médiatiquement parlant, à mener une vie parallèle au reste du circuit musical. Le fait est historique : un groupe belge, Channel Zero, remplit six fois l’Ancienne Belgique (les 22, 23, 24, 28, 29 et 31 janvier) en un clin d’œil, et ce plus de douze ans après la fin de ses activités. Depuis, tout le monde cherche une explication à ce raz-de-marée inattendu (voir ci-dessous). Pour notre part, mis à part quelques titres entendus chez un ami ou l’autre à l’époque, on se souvient surtout d’avoir lu à l’époque des comptes rendus de concert dithyrambiques, approuvé par des connaissances ayant assisté à l’un des nombreux concerts donnés durant les sept années d’existence du groupe.

Lire la suite

18.08.2009

Pearl Jam au pied des montagnes russes

photo200.jpgLe groupe de Seattle revient sur scène et prépare la sortie d'un nouvel album.

En prélude à la sortie de "Backspacer", neuvième plaque studio de Pearl Jam prévue pour le 21 septembre, le groupe de Seattle a repris la route cet été. Au programme : une première date canadienne, suivie d'une tournée-éclair de cinq dates exceptionnelles en Europe, avant un marathon américain aux allures de grand huit dès la semaine prochaine. La bande à Eddy ne passera pas par la Belgique. Dans ce cas, cap vers les Pays-Bas et l'Ahoy de Rotterdam. Derrière la vitre, la platitude défile trois heures durant dans différents costumes avant d'atteindre les abords d'un Palais des Sports où règne l'effervescence des grands soirs. Sur le parking, une fête foraine gargantuesque a installé ses quartiers. On s'abreuve après cette longue route en commentant les cabrioles des téméraires aux prises avec le bateau pirate. Il règne ici une ambiance atypique que ne renierait pas Hunter S. Thompson et qui rappelle parfois le Las Vegas psychédélique de Terry Gilliam.

Lire la suite

07.12.2008

Sheryl Crow - Live

sheryl.jpgD’accord, ce n’est qu’un concert filmé, mais il est joli. Certes, Sheryl Crow n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler une bête de scène. Elle a de belles chansons et une belle voix aux inflexions héritées de la country. Avec ça, elle s’entoure d’un groupe tout à fait capable, soit deux guitaristes, un claviériste porté sur l’orgue Hammond, et un batteur. Cela signifie que, pour toute une partie du concert, c’est elle-même, Sheryl, qui tient la basse. On la voit par la suite passer à la guitare électrique, glisser à l’acoustique qu’elle aime bien trimballer dans son dos comme une vraie countrywoman, et enfin au piano. Une musicienne, l’ex-madame Lance Armstrong.

Dans cette présentation, il est très énervant de ne rien trouver comme information quant à la salle et à la date où eut lieu ce concert. D’après le répertoire, on peut supposer qu’il se situe au début des années 2000, et les gens ont l’air d’Américains dans la moyenne ("moyens", ça fait péjoratif). Dommage que ce public réagisse comme dans le cadre d’une prestation envahie de matériel tévé: ce n’est pas ça qui va exciter outre mesure une chanteuse au tempérament très détendu.

Dans ce répertoire personnel, Sheryl Crow inclut deux reprises, "The First Cut Is The Deepest", de Cat Stevens, et "(What’s So Funny 'Bout) Peace, Love and Understanding", un titre écrit par Nick Lowe pour son groupe Brinsley Schwarz, et reprit par Elvis Costello et ses Attractions. C’est d’ailleurs à cette dernière version que la chanteuse fait allusion. Rockeuse ("Everyday is A Winding Road"), elle termine son petit show en trombe avec "Steve McQueen", ouvert sur un vrombissement de moteur V8 d’une vieille Ford Mustang GT de la grande époque, celle du film "Bullitt" (1968). À part ça, elle est minouche, Sheryl, avec ses petites fossettes quand elle chante, car elle a le chant souriant, et la mèche blonde, qu’elle repasse sans arrêt derrière son oreille gauche.

(DS)

1 DVD Sound Stage 001, PiaS!

17.07.2008

Lou Reed, maître de "Berlin"

7a87c013106ca0e592894bb3231b36c9.jpgClap quarante-deuxième. Cela fait environ un an et demi que Lou Reed joue sur scène son album "Berlin", pièce majeure de l'histoire rock qu'il n'avait jamais interprétée entièrement depuis sa sortie en 1973. Mercredi au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, le chanteur new-yorkais a livré une version maîtrisée et étonnament longue de son chef-d'oeuvre. Preuve qu'il se trouvait bien en voix sur la scène bruxelloise, Lou Reed aura voyagé près d'une heure et demie à Berlin, moitié plus que lors de son passage à Forest National en juin de l'année dernière. Une dilatation de l'oeuvre perceptible entre autres sur le final, interminable, de "Lady Day", joué en boucle, et où la chorale d'enfants (le New London Children Choir) et la section de cordes et cuivres du Metropolitan Orchestra se diluent progressivement dans l'électricité surpuissante délivrée par Lou Reed et son groupe. A l'opposé, "Sad Song" conclura la partition de manière beaucoup plus équilibrée. "Berlin" dans le dos, le New-Yorkais reviendra encore jouer quelques titres, tels "Satellite of Love", l'inévitable "Walk on The Wildside" et une surprenante version blues-rock de "Keep Me Hanging On", créée par Diana Ross et ses Supremes. Avant de conclure avec le sublime et apaisant "Power of the Heart". Classe. (V.B.)

26.06.2008

Elbow, c'est bow

Cadre idéal que l’Orangerie du Botanique pour Elbow, groupe sans esbroufe et musique raffinée, servis ici par la proximité et par un son d’une impeccable netteté. Dans la foulée de leur quatrième album, l’excellent "The seldom seen kid", Guy Garvey et ses quatre acolytes s’étaient étoffés pour l’occasion de deux violonistes choristes en robe de soirée. Tout en ayant le bon goût de ne pas se sentir obligé de les employer tout le temps, mais en les réservant à quelques morceaux, de la même façon que la musique du groupe se construit par cette alternance d’intervention des diverses voix plutôt que par une superposition constante.

Plus charismatique que jamais nonobstant sa tenue relax, Garvey attire forcément les regards avec son allure de doux géant. Plaisantant avec la salle ("vous êtes très bien élevés, c’est presque ennuyeux"), saluant des enfants installés juste devant la scène, il ne se la joue jamais star, mais impressionne par sa présence et par une voix capable d’évoluer avec la même aisance en registre de poitrine et en registre de tête. En une heure et demi et quatorze morceaux, tirés pour l’essentiel de leurs deux derniers albums, Elbow oscille entre longs crescendos ("Station approach" ou "One day like this", avec son chorus final repris par la salle) et fulgurances (les cinq musiciens à la rampe, quatre trompettes et une caisse claire, pour le début de "Starlings", ou le final instrumental passionné de "Newborn"), entre swing doux (l’extraordinaire jeu de batterie de Richard Jupp, notamment dans "The bones of you" ou "Mexican standoff") et spleen onirique (les boules à facettes au sol pour "Mirrorball", la poésie de "The loneliness of a tower crane driver" ou "Scattered black and whites"). Puisse l’ambiance moins intimiste du Pukkelpop – ils y seront le 16 août – leur être tout aussi favorable.

Nicolas Blanmont