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21.10.2008

Flamboyants Last Shadow Puppets

alex.jpg Entouré d'un orchestre à cordes et à cuivres, le groupe d'Alex Turner et Miles Kane a illuminé le Cirque Royal. Une pop théâtrale à souhait, portée par deux voix solides.

The Last Shadow Puppets. Vous dites ? The Last Shadow Puppets. Si le nom de ce groupe anglais n'est pas encore familier à toutes les oreilles de ce côté-ci de la Manche, ce n'est qu'une question de temps. A sa sortie il y a quelques mois, le premier album de ce projet créé par Alex Turner et Miles Kane, leaders respectifs des Arctic Monkeys et The Rascals, s'est classé n°1 en Grande-Bretagne, tout en drainant un flot de critiques très élogieuses. Le premier concert belge du groupe, dimanche au Cirque Royal, affichait complet depuis belle lurette. Il a largement confirmé tout le bien qu'on pensait de son opus flamboyant.

La pop lyrique de "The Age of Understatement" est solidement portée par un orchestre (le London Metropolitan) où dominent cordes et cuivres au galop, les voix claires des deux jeunes chanteurs surdoués, et les mélodies diablement efficaces qu'ils ont écrites à quatre mains - avant de s'entourer des talentueux James Ford (production et batterie) et Owen Pallett (arrangements). Turner et Kane confient avoir puisé leur inspiration chez Scott Walker et les premiers David Bowie notamment - voire encore Jacques Brel -, et avoir voulu créer une musique "théâtrale, dramatique". Pari tenu, avec cet album de pop épique voire euphorique, d'aspiration volontiers rétro mais au souffle moderne.

Cavalcade

Un petit frisson traverse le public impatient, ce dimanche. Une quinzaine de musiciens s'installent, à l'arrière-plan, sur une scène surélevée : les envolées de cordes et cuivres sont bel et bien au rendez-vous. A l'avant-plan, bardés de guitares, Alex Turner et Miles Kane s'en viennent entourés d'un bassiste, d'un batteur et d'un claviériste. Bonne nouvelle : entre tous ces éléments, le son est parfaitement équilibré. La première salve, au dramatisme sombre façon opéra rock, de "In My Room", s'élève dans l'air, magistrale; elle est suivie de l'irrésistible cavalcade "The Age of The Understatement", accueillie par les cris enthousiastes du public. Plus loin, le rythme et les violons de "Black Plant" évoquent quelque B.O. de série télé ("La croisière s'amuse" ?) ou de James Bond, alors que "I Don't Like You Anymore" s'affiche plus sombre et furieusement rock.

Du haut de leurs 22 et 23 ans, les deux chanteurs au look terriblement Beatles et aux voix presque jumelles - qu'ils alternent (ou superposent) sans cesse -, assurent drôlement bien. A un rythme soutenu, les douze morceaux de l'album et quelques faces B y passent, outre des reprises tout sauf anodines : "Paris Summer" de Lee Hazlewood, "She's So Heavy" des Beatles, "In The Heat Of The Morning" de David Bowie, "Memories" de Leonard Cohen.

Les morceaux sont denses, ramassés. Parfois trop courts. Le concert, rappel compris, tient en une heure et quart. Mais on ne pourra pas lui reprocher de manquer de verve et d'intensité.

Sophie Lebrun