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14.04.2009

Jeff Beck, Performing This Week Live at Ronnie Scott’s

photo200.jpgFondé par le saxophoniste de jazz Ronnie Scott (1927-1996), ce club londonien est l’un des hauts lieux musicaux de la capitale. Enseigne au néon, petites lampes à abat-jour rouge sur les tables, le Scott’s a accueilli le guitariste anglais Jeff Beck pendant une semaine. Déjà parue en CD, cette musique vaut aussi d’être vue, car voir jouer ce Beck-là est déjà tout un spectacle. A la tête d’un quartet avec claviers, batterie et Tal Winkenfeld, une toute jeune bassiste qui, sous sa cascade de boucles blondes, en veut et n’en démord pas, le guitariste surfe sur le blues avec des accroches rock, hard, jazz, funk, voire reggae. Les thèmes n’ont pour paroles que ce que la musique raconte, avec élégance, virtuosité et swing imparable. Question guitare, c’est une leçon, un doctorat ès six cordes. Comment que le Jeff la fait chanter, beugler, chialer, miauler, jouir, sa Fender, tout ça avec un petit sourire en coin, limite narquois. Flegme. Pour l’événement, ont été invités les chanteuses Joss Stone (il y a du Janis Joplin en elle) et la dispensable Imogen Heap, ainsi que Dieu en personne, Eric Clapton, mesdames et messieurs. Alors quoi, God Save The Cream ?

(DS)

1 DVD Eagle 723, PiaS ***.

16.01.2009

Jeff comes Beck

jeff.jpgJeff Beck, Performing This Week Live at Ronnie Scott’s

On n’entend guère parler de lui, mais c’est un peu de sa faute aussi, à force de jouer les filles de l’air Déjà en 1966, lorsqu’il quittait les Yardbirds après y avoir remplacé Eric Clapton, Jeff Beck déclarait qu’il raccrochait la Strat. Par la suite, épisodiquement, il s’est rangé des voitures. Un comble pour ce passionné d’automobile, notamment des hot rods, qu’il collectionne, dans lesquelles il aime bricoler, et avec lesquelles, par trois fois, il s’est gravement planté

Et puis, il y a cette espèce de malédiction qui pèse sur les guitar heroes. Finalement, ils n’ont pas très bonne presse, et, hormis les passionés, le public les déconsidère quand ils ne chantent pas. Intrumental rime rarement avec commercial. Alors, ils essaient de pallier, nos héros. Le premier Jeff Beck Group, fin 1967, alignait Rod Stewart à côté de Ron Wood, à la basse en ce temps-là, et d’Aynsley Dunbar à la batterie. Après cela, Beck ratera par deux fois le coche. Une fois par sa faute, lorsqu’il refusa de patienter lors d’une audition pour les Rolling Stones (Wood, alors guitariste, fut engagé). Une fois parce que les Pink Floyd, cherchant à remplacer Syd Barrett devenu incontrôlable, n’osèrent lui demander, et c’est le jeune David Gilmour qui est enrôlé.

Qu’à cela ne tienne : il ne chante pas et ne se trouve pas une place confortable auprès d’une voix célèbre. Alors, Jeff Beck fait chanter sa guitare comme personne. Enregistré tout au long d’une semaine de concerts au club de jazz londonien Ronnie Scott’s, en 2008, cet album en petit comité illustre le savoir-faire, la technique et l’éclectisme de ce guitariste anglais né en 1944 dans le Surrey. Le programme balaie toute sa carrière, à commencer par le "Beck’s Bolero", composé par Jimmy Page (!), et qui figure sur "Truth", le premier solo paru en 68. Des titres blues-rock, jazz-rock façon Mahavishnu et d’ailleurs signés Jan Hammer, John McLauglin ou Billy Cobham, des chansons signées Stevie Wonder, The Beatles, Nitin Sawnhey : il faut de tout pour faire le monde musical de Jeff Beck, et que lui seul sait rendre passionnant de bout en bout.

1 CD Eagle 396. A paraître en DVD en mars.

Dominique Simonet