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26.06.2008

Elbow, c'est bow

Cadre idéal que l’Orangerie du Botanique pour Elbow, groupe sans esbroufe et musique raffinée, servis ici par la proximité et par un son d’une impeccable netteté. Dans la foulée de leur quatrième album, l’excellent "The seldom seen kid", Guy Garvey et ses quatre acolytes s’étaient étoffés pour l’occasion de deux violonistes choristes en robe de soirée. Tout en ayant le bon goût de ne pas se sentir obligé de les employer tout le temps, mais en les réservant à quelques morceaux, de la même façon que la musique du groupe se construit par cette alternance d’intervention des diverses voix plutôt que par une superposition constante.

Plus charismatique que jamais nonobstant sa tenue relax, Garvey attire forcément les regards avec son allure de doux géant. Plaisantant avec la salle ("vous êtes très bien élevés, c’est presque ennuyeux"), saluant des enfants installés juste devant la scène, il ne se la joue jamais star, mais impressionne par sa présence et par une voix capable d’évoluer avec la même aisance en registre de poitrine et en registre de tête. En une heure et demi et quatorze morceaux, tirés pour l’essentiel de leurs deux derniers albums, Elbow oscille entre longs crescendos ("Station approach" ou "One day like this", avec son chorus final repris par la salle) et fulgurances (les cinq musiciens à la rampe, quatre trompettes et une caisse claire, pour le début de "Starlings", ou le final instrumental passionné de "Newborn"), entre swing doux (l’extraordinaire jeu de batterie de Richard Jupp, notamment dans "The bones of you" ou "Mexican standoff") et spleen onirique (les boules à facettes au sol pour "Mirrorball", la poésie de "The loneliness of a tower crane driver" ou "Scattered black and whites"). Puisse l’ambiance moins intimiste du Pukkelpop – ils y seront le 16 août – leur être tout aussi favorable.

Nicolas Blanmont