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11.03.2009

Les enfoirés font leur cinéma

photo200.jpg<p>Vingt ans que ça dure. Il y eut la fête foraine, la caravane des Enfoirés; cette année, les Enfoirés font leur cinéma, avec un logo façon 20th Century Fox. Cela ouvre à tous les possibles évidemment, du péplum au dessin animé, du mélo au rigolo, comme dit, du haut de son mètre trente-deux, l’animatrice en chef, Michèle "Mimie" Mathy. Le ton est donné dès l’intro de ce spectacle enregistré en public - chaud, le public - au palais omnisports de Bercy : toute la clique déguisée en Charlot, melon, canne, moustache, chante en chœur "Toi + moi" de Grégoire. Sérieux, s’abstenir; esprit de Coluche, toujours là.</p> <p>Le principe est toujours le même : la flopée de chanteurs, auxquels se mêlent quelques comédiens, est issue de toutes les générations, comme les tubes qu’ils interprètent dans des costumes parfois graves, très graves. Maurane en Dalton, Jenifer en Cat Woman <i>(<i>miaou</i>)</i>, Jean-Jacques Goldman en tenue pour les Carnets du bourlingueur, Obispo en Pinocchio, Tina Arena (très présente) en fée clochette, Darmon et Palmade en Men in Black puis  in White, Mimie Mathy en Zorro et Palmade en Sergent Garcia, Thomas Dutronc en patricien romain puis en pingouin, si! si!, c’est ainsi que le petit nouveau est adoubé </p> <p>Le répertoire est extralarge : "Voyage au pays des vivants" (Johnny), "Félicie aussi" (Fernandel), le medley "Blanche-Neige" qui se termine par "Je voulais être noir" (Nino Ferrer), ces Enfoirés n’en ratent pas une.</p> <p>Cela étant, le spectacle comme la captation sont menés de main de maître. Chaque CD ou DVD vendu permet d’offrir 18 repas aux Restos du cœur qui en ont bien besoin. Alors, qu’attend-on ?

D.S.

1 double DVD Universal 302424. Existe aussi en double CD.

27.09.2008

Down The Tracks, The Music That Influenced Led Zeppelin

337fa73fd64591ecbcfd38305de20bb2.jpgUn film vidéo comme ça vaut tous les gros bouquins du monde, sur le blues, le folk et Led Zeppelin du moins. Encyclopédie plongée dans les racines (du mal, diront certains), là où, parmi d'autres Anglais des années soixante, Led Zeppelin puise son inspiration. Et ça va loin, pour sûr, ça remonte aux plantations de coton dans le sud des Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, pour tout dire, avec le country blues acoustique de Charley Patton (1887-1934). Charley "le bon à rien", comme disaient son père et son patron aux "Dockery Farms", d'où il s'est fait virer. Normal, ce n'était pas la cueillette du coton dans des conditions innommables qui l'intéressait, mais la musique. Entre Patton et Robert Johnson, puis Muddy Waters, le passeur fut Son House, père du blues du Delta, maître incontesté de la guitare à résonateur. Son House qui témoigne : "Le vrai blues ne suscite pas l'envie de danser. [...] Le blues se contente d'être. Quand on se sent seul, qu'on s'inquiète et qu'on ne sait pas trop quoi faire." Son House qu'a vu, en concert, dans les années soixante, un certain Jimmy Page, guitariste fondateur de Led Zep. Il paraît que, venant poser sa candidature comme chanteur à Page, dans une péniche, sur la Tamise, Robert Plant est arrivé avec une pile de disques de blues sous le bras, et c'est comme ça que le courant est passé entre les deux hommes.

 

Ce film documentaire ne fait pas l'impasse sur les titres "empruntés" par Led Zeppelin au répertoire du blues, comme "Hats Off To Roy" ("Led Zeppelin III"), pompé sur "Shake 'Em On Down" de Bukka White. Mais il n'y a pas que le blues à la source, il y a aussi le folk, anglais ou autre, de Bert Jansch par exemple, dont le "Blackwater Side" a inspiré le "Black Moutain Side" du Zep. Un auteur invité est indulgent. Pour lui, ce hard rock n'est pas de la pop, mais "un contact avec quelque chose de plus profond, viscéral et mystérieux, et les chansons controversées qu'ils ont empruntées sans forcément le dire sont très différentes des originaux." Après une analyse de l'influence de Scotty Moore, premier guitariste d'Elvis Presley, du style skiffle, de John Ronald Reuel Tolkien et de l'occultisme, on ressort de ces nonante-trois minutes avec l'envie furieuse de se jeter sur les six premiers albums du Zep, qu'on n'écoutera plus jamais avec la même oreille.

(DS)

1 DVD Eagle Vision 716, PiaS

24.09.2008

Vanessa septième ciel

801a15756be1477fbc1e98b43f3cc0e9.jpgEt dire que le concert, ce n'était pas trop son truc. Entre "Joe le taxi", succès phénoménal paru le 27 avril 1987, et les premières scènes, il aura fallu attendre six ans. Depuis, tout occupée à faire des bébés, des disques et à tourner des films, Vanessa Paradis est une apparition magique et rare. Mais, en 2007, l'élan donné par l'album "Divinidylle" est irrépressible; partie prenante du disque, Matthieu Chédid embarque quelques potes à lui, et c'est parti pour une tournée d'exception. En voici le compte rendu en disque, chouette, et en images, superbes.

Didier et Thierry Poiraud ont réalisé pour cela un vrai film, bien ficelé, bien rythmé, et heureusement d'ailleurs, parce qu'il dure 2h30... Ambiances, entretiens, chansons s'entremêlent pour faire vivre au spectateur cette tournée grandiose qui, comme à chaque fois, a commencé petit, dans des clubs façon Elysée-Montmartre à Paris, en octobre 2007.

Même si l'énergie est décuplée, la continuité avec l'album est totale, scène et disque étant mixés de la même manière, "à la française, avec la voix mise en évidence à l'avant". C'est Vanessa qui explique. Dans le genre beau petit lot, celle-là... Minouche comme tout, avec ses cheveux en cascade ondulée et son rouge à lèvres incarnat, elle se pose en capitaine de bateau, avec Matthieu en retrait comme il se doit, galurin noir pour cacher l'identité de M : "Je suis dans ma période chapeau depuis quelques mois. Donc, on m'appelle Stevie Ray Popeck."

La devise de la chanteuse sur la tournée : "Optimiser la qualité dans le plaisir."  De là, sans doute, l'apparente bonne humeur régnant partout. Une vraie complicité semble régner entre les musicos, entièrement dévoués à ce mètre soixante-cinq de chanteuse aguicheuse. La costumière le dit : "tout sur elle finira sensuel, rock et simple. C'est déjà pas donné à tout le monde." Les extraits de concerts se placent dans le fil du récit sans avoir l'air de pièces rapportées. Et là, bonjour l'ambiance. Ah, cette intro de Matthieu Chédid, à la "Shaft", pour "Be My Baby" ! Ce n'est pas le seul moment d'anthologie, loin s'en faut, dans ce film qui, au-delà du souvenir, en apprendra aussi à ceux qui y étaient. 

Dominique Simonet 

 "Divinidylle Tour",  Vanessa Paradis   1 CD + DVD Barclay 310343, Universal.