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03.08.2008

Ils rêvaient d'un autre monde

1d5ed299a9dfddc5c86197746c15577a.jpgL'Esperanzah, le festival qui pense qu'un autre monde est possible, est traidtionnellement divisé en deux. En-bas, côté cour, c'est le ska-punk ou le punk-musette qui règnent habituellement en maîtres. Rarement intéressant d'un point de vue musical, ces groupes privilégient l'énergie pour un public jeune venu se défouler. Zita Swoon ou Kenny Arkana étaient là ce week-end pour nous empêcher de tomber dans la généralisaion. Même chose pour doMb, samedi soir. Ils sont 5 et n'ont comme instrument que des percussions et une basse. Mais cela leur suffit pour délivrer pendant une heure un concert en forme d'avalanche de rythmes. La formule peut paraître redondante, l'énergie qui s'en dégage la rend presque hypnotisante. Et crevante, tant il semble impossible de ne pas sauter sur place en les écoutant.

En-haut, autre univers. Le côté jardin est consacré aux musiques du monde. Samedi, les prestations de Huong Thanh & Nguyên Lê sextet ainsi que celle de Buika confirment qu'une grande scène de plein air est rarement le meilleur endroit pour délivrer des musiques qui ont souvent besoin d'intimisme pour charmer. Rokya Traoré ne rencontre pas ce problème. Déjà épatante lors de son passage, il y a quelques semaines au Bota, la Malienne peut compter sur un groupe très talentueux mais aussi sur un répertoire à la fois homogène et varié.

Homogène dans la sensibilité qui s'en dégage. Varié parce que l'émotion naît de rythmes différents. Si elle connaît, comme tout guitariste malien, le blues sur le bout des doigts, Rokya Traoré y ajoute une bonne dose d'interprétation personnelle, des motifs qui parviennent d'une tradition ancestrale et, régulièrement, beaucoup de rythme et de joie. En gros, avec Rokya, on médite, on se déchire l'âme, on s'émeut mais on finit toujours pas se remuer le popotin. Intrigué? Retrouvez-la le 7 novembre au Cirque Royal. (P.D.G.)