01.10.2009
Le cours ordinaire des choses Jean-Louis Murat
On aura tout vu : Jean-Louis Murat sur les traces des Dick, Johnny, Eddy. L’Amérique, vieux fantasme des chanteurs surtout français depuis le jazz de Trenet, plus encore depuis qu’Elvis est passé par là. Pour Nashville, c’est tout droit, dans l’antre même de la country la plus réac ringue qui soit, la bannière étoilée accrochée au manche. Qu’est-ce que notre Auvergnat profond vient faire dans ce cirque ? Un rêve qu’il mûrissait depuis une dizaine d’années, paraît-il. Parce que Nashville est la Vegas de la zique, on y trouve tout, et surtout des studios et des musiciens bardés de talent à tous les coins de rue.
Dans de telles conditions, il n’y a qu’à se laisser aller, ou presque. Sans doute est-ce aussi ce que Murat venait chercher là pour ce... vingt-cinquième album. Se la jouer solo, monsieur je-fais-tout, à force, ça use. A Nashville, il n’avait qu’à venir, avec ses chansons, sa voix et sa guitare.
Le résultat sonne comme une espèce de perfection rock enraciné, dont la brillance a la noirceur voulue. Quoi qu’il arrive, Murat reste Murat, sa vision de l’amour aussi : "Dans le corset de la mort / Où ta joie m’enflamme / A ton goulot d’amphore / S’épanche l’âme. ("Falling in love again"). Preuve que l’écriture parfois absconse, parfois cryptique, dont l’encre a séché au vent du Massif Central, traverse l’Atlantique comme si de rien n’était. C’est fou ce que l’air torride du Tennessee lui va bien. (DS)
1 CD + DVD ("Falling in love again", de Laetitia Masson) V2, Universal Music.
17:28 Publié dans Sorties - Albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le cours ordinaire des choses, jean-louis murat, album, chanson française, all access
11.06.2009
Abnormally Attracted to Sin
Tori Amos
Tori Amos n’a jamais fait mystère de son attrait pour le sexe et autres petites fantaisies, jouant de la provocation avec une maîtrise et une honnêteté évidentes. Affaire compliquée par une attitude ambivalente vis-à-vis de la religion, dont elle a reçu une solide éducation par un père pasteur, avec retombées sur les rapports entre femme et pouvoir. Diable ! Voix et écriture toutes en circonvolutions, et malgré une inspiration ici inégale, Tori Amos fait passer ça de la manière la plus agréable qui soit, au travers d’autant de styles que de chansons, avec sa forte personnalité comme fil. (DS)
1 CD Universal Republic270343
15:28 Publié dans Sorties - Albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : abnormally attracted to sin, tori amos, critique, cd, album, all access, dominique simonet
10.06.2009
Jewellery

Micachu and The Shapes
"Jewellery" peut-être, mais c’est tout le contraire du bling bling. Micachu, soit Mika Levi, est une jeune Anglaise allumée comme un pétard. Tordu, tordant, son disque est un feu d’artifice electro-pop bricolo. Elle ne fait pas ça parce qu’elle ne sait rien faire d’autre : une formation classique, y compris à la composition, trône sur son curriculum. Cela n’a pourtant pas coincé Micachu, qui joue d’instruments détournés ou faits maison, un aspirateur par exemple. A la réalisation, Matthew Herbert a mis un peu d’ordre dans tout ça en préservant l’énergie primesautière. Un pavé dans la vitre d’un univers pop trop formaté. (DS)
1 CD Rought Trade 500, Konkurrent
15:22 Publié dans Sorties - Albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jewellery, micacchu and the shapes, pop, electro, matthew herbert, mika levi, dominique simonet, critique, album, cd
07.05.2009
Le retour de Mika
Le chanteur américano-libanais Mika, qui a connu un succès considérable en 2007 avec son premier album,
"Life in Cartoon Motion", a annoncé à l'AFP la sortie d'un livre-disque fin mai, suivie d'une série de concerts acoustiques puis d'un nouvel album en septembre.
19:50 Publié dans News | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mika, pop, album
10.09.2008
B.B. King, One Kind Favor
Somptueux. A 82 ans, le roi du blues de Chicago revient à une musique sans compromissions, sans invité de prestige ni association tapageuse, même si celle avec un Eric Clapton ("Riding with the King", 2000) s'est avérée fructueuse. De Clapton, il a d'ailleurs gardé quelques grandes pointures de studio, Jim Keltner à la batterie, Nathan East à la basse. La réalisation de T-Bone Burnett est là qui, sous cette pochette en noir et blanc, préserve un son très naturel. Et puis le néo-orléanais Dr. John est là qui veille au piano. Sur des titres du répertoire, qui, jusqu'ici, ne se trouvaient pourtant pas dans sa colossale discographie, Riley B. King laisse parler sa voix et chanter sa guitare avec bonheur.
D.S.
1CD Geffen 81241, Universal.
14:55 Publié dans Sorties - Albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BB King, one kind favor, blues, album
De Gorillaz à Monkey
Pour Damon Albarn, tous les prétextes semblent bons afin de contourner Blur, le groupe pop anglais dont il fut figure de proue. Il y a pourtant une certaine continuité dans sa démarche, car les références orientales abondent dans son projet électro Gorillaz, notamment grâce aux visuels de Jamie Hewlett. Enfin, de là à se lancer dans ce que le musicien appelle lui-même un "opéra pop", basé sur une histoire chinoise de l'époque Ming, composé essentiellement à partir d'une gamme pentatonique (à cinq sons), il y a une marge colossale que ce culotté de Damon n'a pas hésité à franchir.
Au départ de cette légende ancienne, a d'abord été conçu un opéra écrit par Chen Shi-Zheng et composé par Albarn, avec la collaboration de Jamie Hawlett pour les visuels. Créée au festival de Manchester l'an dernier, cette oeuvre a ensuite été donnée au Royal Opera House à Londres et au Châtelet à Paris, récoltant des avis teintés de perplexité, mais généralement positifs.
La version disque produit le même effet. Voix (et texte en mandarin), grand orchestre et choeur chinois conservent leur importance. Mais, sous l'impulsion d'Albarn, l'orchestration a quelque peu évolué vers une tendance electro plus poussée, mettant en oeuvre des instruments de synthèse anciens, analogiques, ondes Martenot, etc. L'ensemble évite le piège d'une nouvelle manière de "world music", et les images manquent cruellement pour se faire une idée du propos tournant autour de cet antipathique roi Singe.
Requérant une écoute attentive ou, à tout le moins, sans préjugé, l'oeuvre sous forme phonographique devient de plus en plus passionnante au fil des écoutes, malgré quelques longueurs dispensables sur ces 22 titres et l'absence de chanson ou de thème aux contours nets. On retrouve même, de-ci de-là, la griffe d'Albarn le compositeur pop, qu'on ne peut s'empêcher de regretter un peu. Il est aussi souhaitable qu'une version vidéo fasse un jour son apparition, qui ne soit pas la simple captation du spectacle: d'une paire comme Albarn-Lowett, on peut au moins attendre ça, non? Enfin, de la "brit pop" à une oeuvre d'une telle ampleur, le Monsieur Damon ne lasse pas d'étonner. Chapeau.
"Monkey: Journey to the West" version disque
D.S.
14:45 Publié dans Sorties - Albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gorillaz, album, monkey
08.07.2008
Christophe, le nouvel album
Christophe arrête le temps. Dans ce nouvel album, on entre comme en apesanteur. Le temps, le sieur Bevilacqua aime à le prendre: sept ans séparent “Aimer ce que nous sommes” de son prédécesseur, “Comm’ si la terre penchait”. Le temps, c’est aussi le tempo qui, une nouvelle fois ici, privilégie la lenteur, toujours sensuelle, évocatrice, poétique presque par essence dans un monde où l’être humain n’est plus que pressé. Ce n’est pas lui faire injure et il le reconnaît lui-même: Christophe n’est ni chanteur, ni musicien. Il aime juste la mélodie et surtout le son, et sa portée visuelle. Avant d’entamer un album, il se fait tout un cinéma sonore. C’est pour ça que l’onomatopée a sa place ici, comme le collage sonore de voix anciennes ou nouvelles (Adjani, Daniel Filipacchi dans le générique de fin). Et, dans cette bande-son très sophistiquée, la voix émerge, haute, fine, passionnée, écorchée, pleine de bleus comme autant de mots. Christophe le Magnifique. (DS)
"Aimer ce que nous sommes", Christophe, 1 CD 530 828, Universal.
12:30 Publié dans Sorties - Albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christophe, aimer ce que nous sommes, album, chanson
07.07.2008
Nouvel album de Mylène Farmer le 25 août

Intitulé "Point de suture", le nouvel album de Mylène Farmer sortira le 25 août prochain. Il sera précédé par le simple "Dégénération", le 18 août. En 2005, "Avant que l'ombre" fut lancé par le titre "Fuck them all". On ne change pas une équipe qui gagne: la chanteuse - Marie-Hélène Gauthier de son vrai nom - écrit les textes et son complice Laurent Boutonnat fait
18:55 Publié dans News | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mylène farmer, chanson, album, dégénération, point de suture







































































































