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16.03.2009

Plus rien ne s’oppose à la nuit

photo200.jpgAvec lui, on pouvait toujours se demander : "C’est comment qu’on freine ?" Alain Bashung est mort samedi à Paris. Il figure dans les dicos du rock et de la chanson, et il ne s’est jamais laissé aller à la moindre concession.

Le 28 février, il était là, au Zénith de Paris, pour recevoir les honneurs de la profession et du public. Victoire sur toute la ligne. Dans la salle, on écrasait quelques larmes; dans les familles, devant le petit écran, des gorges se nouaient. On voyait bien dans quel état le réduisait la maladie. Deux semaines plus tard, le parcours d’Alain Bashung s’arrêtait là, dans un hôpital parisien, entouré de l’affection des siens, selon la formule consacrée.

D’amour, il n’a pas manqué ces derniers mois. Bashung n’a pas fait mystère du cancer diagnostiqué à l’automne 2007. De son état et des soins dépendait le calendrier de la tournée qui a suivi la sortie du dernier album, "Bleu pétrole", en mars 2008. En Belgique, on l’a vu le 23 mai au Cirque royal, le 13 juillet au festival des Ardentes, à Liège, le 3 décembre à l’Ancienne Belgique. A chaque fois, c’était l’instant magique, la grande communion autour d’un art intransigeant porté avec force et courage par un artiste hallucinant. Ce volontarisme était un moyen de survie, les concerts ont eu des effets thérapeutiques : "L’affection que m’envoyaient ces gens, j’avais l’impression que ça pouvait me guérir , dit-il au micro de France Inter, après les Victoires de la musique. Ils m’ont porté. J’avais l’impression d’être d’un coup un chanteur populaire."

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