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21.07.2008

Dour: côté comique

Pour réussir son 20e anniversaire, Dour aura convoqué tous les élements qui ont fait son succès tout en atténuant les défauts qui l'ont rendu infréquentable pour ses détracteurs. Pari réussi donc pour l'équipe du festival qui s'était prise une belle volée de bois vert l'année dernière.

Parmi ses éléments qui rendent Dour si attachant, il y a bien sûr l'humour omniprésent. Chez les festivaliers tout d'abord qui rivalisent d'extravagance. Les effets sont parfois recherchés, comme pour ce jeune homme se promenant dans une robe de sa mère grand, parfois juste dus à une grande fatigue qui a rompu toutes les digues de l'inhibition.

Dans ces conditions, bien vu de programmer Didier Super, dimanche en début de soirée dans le Dance Hall. Après quatre jours de fête, voire cinq pour certain, les cerveaux sont ramollis à point et le non-chanteur du Nord est accueilli dans la liesse générale. Il n'en faut pas plus pour qu'il y aille de ses plus belles horreurs, de "Prendre un gros con par la main" à "Petit mongol, enfant de vieux", une version alternative de "Petit caniche, peluche pour vieux". Sans oublier son coup de gueule contre les enfants chinois qui feraient mieux de s'appliquer en assemblant nos baskets parce qu'après deux mois, elles sont déjà foutues. Les rires sont gras, les saillies totalement transgressives de Didier Super sont connues par coeur mais au fil des ans, son humour au 36e degré en a fait la mascotte des festivaliers.

Humour encore avec les Svinkels qui viennent donner un coup de pied au derrière d'un chapiteau hip-hop, où les mines sont plus souvent fermées que souriantes. Ces Français, qui tirent leur nom d'une bière hollandaise bon marché, tiennent à merveille leur rôle de rappeurs paillards, plus portés sur les histoires de boissons et de fesses que sur les problèmes des banlieues.

Humour toujours avec les Gogol Bordello qui clôturent la scène principale en faisant exploser un rock aux accents balkaniques, leur chanteur torse nu, longue tignasse et grosse moustache en faisant des tonnes. Et ça marche. C'est donc dans un dernier éclat de rire que l'on quitte cette plaine si particulière.