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20.02.2012

BaliMurphy des grands espaces

230.jpgLe groupe bruxellois jouait jeudi soir au Cirque royal. Dans “La Déroute” il pointe du doigt “L’homo ça pionce” et prend un virage plus électrique, plus à l’Ouest.

Un gosse joue avec des revolvers, sur la pochette de "La Déroute", troisième album de BaliMurphy. Sur un galop de guitares, dans un air comme chargé d’une menace, le groupe (dé)chante "L’Homo ça pionce", "espèce animale éveillée/quand elle vide les bars du quartier/Tas d’ADN bien abruti/qui ne saisit pas ce qui s’annonce". L’homme, "un mini asile de fous. une envie non terminée", "le corps tout percé d’ondes et d’images" ("Le Caméléon"). Un être doué de raison qui pourtant peine à aborder sereinement la mort ("Millésime"). Si cet album bien ficelé traite globalement "du deuil : d’une personne, d’une période de la vie, d’une relation", tout n’y est pas noir, pour autant. Y pointent quelques touches d’humour ("La Comptine des trois balles"), et puis, tout se termine sur un drôle de "rêve" peuplé d’amis pouilleux et de relents immondes - tout est dans la chute, surprise.

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19.02.2012

Tindersticks, la bande-son d’une carrière

440.jpgAvant de prendre une pause à durée non déterminée, le groupe de Nottingham livre un neuvième album. “The Something Rain”, un majestueux bloc de 50 minutes à écouter d’une traite.

Il y en a des groupes qui doivent envier la position des Tindersticks. Des groupes qui aimeraient, eux aussi, pouvoir commencer un album par un spoken-word jazzy long de plus de neuf minutes, comme "Chocolate" sur le dernier album, pour ensuite encore délivrer 40 minutes de musique intemporelle et conclure par un court instrumental pas si anodin qu’il n'en a l’air à la première écoute. Et tout cela en étant assuré que leur public habituel les suivra les yeux fermés. Mais le groupe de Stuart Staples ne s’est pas mis dans une situation confortable par hasard. Il y a du boulot là derrière mais aussi une certaine vision de la musique, intransigeante dans son genre. Et aussi des remises en question comme, lorsqu’en 2003, le groupe, lessivé et à court d'inspiration, décide d’arrêter les frais. Avant de reprendre la route des studios en 2007 avec un leitmotiv: ne plus se laisser enfermer dans une image - celle du combo classieux aux mélodies crépusculaires - et reprendre du plaisir, sans tabous musicaux et sans crainte de décevoir leurs fans.

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14.02.2012

La passion selon Pias

230.jpgLa firme de disques Play it again Sam, basée à Anderlecht, souffle trente bougies.

1982. Michel Lambot et Kenny Gates, respectivement 21 et 19 ans, créent, à Bruxelles, Play it again Sam, société d’import (et, très vite, de production et de distribution) de disques. 2012. En trois décennies, le petit Poucet, désormais surnommé Pias, est devenu un "géant" européen des musiques indépendantes, tout en tenant à sa réputation de "boîte à dimension humaine". Il soufflera ses trente bougies ces 16 et 17 février à Tour&Taxis (*). En musique, comme il se doit, avec quelques-uns de ses fleurons (2 Many DJ’s, Agnes Obel, Mogwai, Tom Smith - du groupe Editors -, M83, Daan ) mais aussi ses jeunes pousses (Roscoe, Oscar&The Wolf ). Des "Pias Nites" symptomatiques du nouveau tournant que Pias, confrontée aux grands chamboulements de la musique et de l’industrie discographique, entend prendre. Rencontre avec Kenny Gates dans les bureaux anderlechtois de la société.

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13.02.2012

Les petites fêlures de Lisa Hannigan

440.jpgL’Irlandaise publie un second album délicat et lumineux, “Passenger”. Qu’importe la destination, il y a des tranches de vie qu’on trimballe toujours avec soi.

Dehors, le thermomètre affiche zéro degré. Dedans, Lisa Hannigan arbore une petite robe légère, rouge vif à fleurs bleu électrique - sur des collants et boots, que l’on se rassure. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle : ses textes ont beau être plutôt sombres, et sa belle voix doucement fêlée et mélancolique, il y a toujours un sourire, un éclair printanier dans son chant et sa musique - son regard pétillant faisant le reste. Pour le reste, Lisa Hannigan, qui vient de publier son second opus, "Passenger", n’est peut-être pas aussi sage et lisse que son minois et ses robes. Il suffit de visualiser le clip de "Knots", son récent single, pour s’en assurer. On en voit de toutes les couleurs. La chanteuse, vêtue de blanc, ukulélé compris, se fait copieusement asperger de peinture pendant ses trois minutes trente de prestation - sans se laisser démonter. "J’aime les vidéos tournées en une seule prise. Il fallait donc trouver une idée simple à réaliser - et pas trop coûteuse", explique la chanteuse irlandaise de 29 ans.

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07.02.2012

De l’Air sur la Lune

440.jpgLe duo electro a composé une BO pour la version couleur du “Voyage dans la lune” de Méliès (1902). Epopée dans l’espace et dans le temps.

Belle odyssée - de l’espace et du temps - que voilà. En 2011, deux univers artistiques se rencontrent : Air, duo electro-pop culte formé peu avant l’an 2000, et Georges Méliès, un des pères fondateurs du cinéma et un pionnier des effets spéciaux, qui réalisa en 1902 le célèbre "Voyage dans la lune". Le tandem versaillais a été invité à composer une bande originale pour la version couleur de ce court métrage muet, récemment exhumée et rendue à la vie (lire ci-contre). Air, propulsé en 1998 avec l’album "Moon safari", connu pour ses mélodies planantes sinon cosmiques, son esprit aventureux et quelques musiques de film ("Virgin Suicides" de Sofia Coppola), était, de fait, le partenaire tout trouvé. Dans la foulée, le groupe a concocté un album éponyme - d’une trentaine de minutes, donc plus étoffé que la BO -, qui paraît ce 6 février, accompagné du DVD du film de Méliès. Un disque - forcément - un peu étrange et fascinant, contrasté, hors du temps, qui erre davantage sur le pôle atmosphérique et expérimental que la face pop et mélodique (quoique ) de la planète Air. Rencontre avec Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel.

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27.01.2012

Dan San, folk grand ouvert

DanSan.jpgLe groupe liégeois sort son premier album, le brillant “Domino”, ce 30 janvier. Devenu sextet, il a élargi son horizon et se dote de belles envolées lyriques.

Cela démarre dès le titre inaugural, “Moon”: la musique de Dan San vous entre dans l’oreille doucement mais sûrement, crescendo. Une note continue de violon, un bruissement de guitare, puis un deuxième… D’un coup, la lumière perce la brume, le bruissement se fait galop, et trois voix s’élèvent: “We are lost in a dark room.” Une pièce sombre? L’auditeur, lui, se voit plutôt cavaler dans une nature vierge, grandiose. Frisson garanti, a fortiori sur scène. On a pu le vérifier au centre culturel de Chênée le 20 janvier, où le groupe donnait le coup d’envoi de son premier album “Domino”: le sextet maîtrise parfaitement son folk baladeur, tissé de fines harmonies vocales et de riches arrangements, et de surcroît lui insuffle une énergie communicative. “Domino” est l’une des premières belles surprise de 2012, qui plaira aux fans de folk-pop chorale à la Fleet Foxes, Syd Matters ou Midlake.

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26.01.2012

Icône Cohen

pict_396003.jpgDouzième album studio de Leonard Cohen, “Old Ideas” sort à la fin de la semaine. Ces “vieilles idées” font de magnifiques chansons, dont l’auteur parle avec un humour distingué.

Ces jours-ci, l’on distribue le terme d’icône à tire-larigot. Madonna ou Lady Gaga, icônes de quoi, au fond? Pour comprendre, ressentir même ce qu’est une authentique apparition, il faut voir Leonard Cohen entrer dans le salon doré d’un grand hôtel parisien. Une cinquantaine de représentants de la presse européenne sont là pour les écouter, son nouvel album et lui.

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21.01.2012

Le punk, culture populaire

pict_369067.jpgLe Théâtre 140 accueille “Please Kill Me” de Mathieu Bauer d’après la bible de McNeil et McCain. Arrêt sur l’un des derniers mouvements radicaux.

Non, ce n’est pas la couverture rose bonbon du livre "Please Kill Me", sorti en 1996 aux Etats-Unis et dix ans plus tard en version française, qui a attiré Mathieu Bauer, metteur en scène du spectacle éponyme que le Théâtre 140 accueille toute cette semaine. Sous-titré "L’histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs", "Please Kill Me" est une somme de 600 pages écrite par Legs McNeil et Gillian McCain. Un livre à la gloire du punk américain qui prit toute son ampleur dans les années 70. Une culture populaire à laquelle Mathieu Bauer, co-fondateur de la Cie Sentimental Bourreau, et depuis octobre 2011 directeur du Centre dramatique national de Montreuil, a voulu rendre justice.

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17.01.2012

Dans les cordes de Jeff Assy

pict_392637.jpgLe musicien belge n’est pas que “le violoncelliste de Bashung” – même s’il a beaucoup appris de lui. Rencontre avec un artiste touche-à-tout. 

"C’est l’instrument le plus proche de la voix humaine, je pense. Un instrument très complet, superpolyvalent. Pris de manière classique, il peut être très mélancolique, mais peut aussi avoir un côté trash. Il peut descendre vraiment dans les graves et monter haut dans les aigus - il m’arrive, dans les séances d’enregistrement, de faire le quatuor à moi tout seul." En somme, "un chouette outil" que le violoncelle, et qui a le vent en poupe (cf. ci-contre). Jean-François "Jeff" Assy est bien placé pour le savoir, lui qui en joue depuis 12 ans aux côtés de multiples chanteurs. Ce Brabançon de 36 ans, Ixellois d’adoption, était de la mémorable tournée "Simple" de Daan en 2011, et se produit actuellement avec le Français Daniel Darc.

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11.01.2012

Le tourbillon Aaron

440.jpgEn mode "unplugged & waves", le groupe -emmené par Simon Buret et Olivier Coursier - fait trois arrêts en Belgique. Une tournée d'ores et déjà gravée sur CD: l'album live "Waves from the road".

En 2007, la ballade "U-turn (Lili)" tournait en boucle sur les ondes radio, propulsant Aaron vers le succès. Depuis lors, deux albums studio sous le bras, ils tournent, ils tournent, (Simon) Buret et (Olivier) Coursier. Leurs concerts ont quelque chose de magique, empreints d’une énergie subtile, sans esbroufe. Et ce, qu’ils se produisent en formule réduite (avec une violoncelliste en 2007), en groupe, entourés d’un orchestre symphonique (2009), ou encore dans un festival en plein air (les dernières Francos de Spa). Quasiment dans la foulée de sa tournée 2010-2011, Aaron en a entamé une autre, en salles. Même formation (quintette), mais des morceaux complètement réarrangés, la majorité en mode acoustique (tel "Inner Street" qui ouvre l’album en piano-voix), tout en conservant des moments électriques ("Passengers", notamment). Entamée en octobre et de passage en Belgique fin janvier(1), cette tournée "Unplugged & waves" est déjà l’objet d’un très bel album live, "Waves from the road". Ils tournent, ils tournent, Aaron. Mais pas en rond.

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