19.12.2008
Mika, Live Parc des Princes Paris
Bien sûr, le spectacle qu’a donné Mika au Parc des Princes, le 4juillet dernier, était mirobolant. Au royaume du kitsch, Michael Holbrook Penniman est passé roi, et sa scène tient autant du cirque que du carnaval ou du théâtre de rue. Le jour précédent, jeudi 3juillet, il était sur la scène de Werchter. Le spectacle parisien est clairement une extrapolation de celui-là, en plus grandiose, avec une scène, des décors, des costumes spécialement dédiés. Même s’il confirme son tempérament espiègle bondissant, Mika est aussi souvent assis au piano, avec une musicalité appuyée. Outre le spectacle, filmé comme il se doit, le dévédé contient un documentaire vraiment intéressant, où l’artiste se dévoile quelque peu avec une franchise et une simplicité désarmantes. Pour lui, jouer devant 55.000 spectateurs en n’ayant qu’un album sous le bras représente un risque et un défi. Mais le gars sait où il va; il assume ses délires tout en mesurant leur coût, un point sensible chez lui. Tout converge dans le sens d’une réelle implication de l’artiste aux divers stades du projet, jusqu’aux chorégraphies et à la conception de pompes cousues main, quelque part entre les baskets et les chaussures de ville. Méticuleux jusqu’au bout des pieds, ce Mika! (DS)
1 DVD Island 178295, Universal.
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18.12.2008
Patti Smith, la pythie
La photographie est leur point commun, elle les a mis en contact: c’est lors d’une séance de prises de vues pour un magazine que Steven Sebring a rencontré Patti Smith. Fasciné par le personnage, il s’est mis en tête de lui brosser un large portrait filmé. Le voici en dévédé, il porte le nom d’un des albums de la chanteuse, "Dream of Life".
Le documentaire peut paraître quelque peu décousu, à la manière d’un collage, mais, tout comme ce dernier, il a sa cohérence, son fil conducteur même: la chambre où Patti Smith vit entourée d’objets, tous plus proustiens les uns que les autres. Cela induit souvenirs, nostalgie (la couleur du film), développements poétiques. Le raccord est alors fait entre vie privée, familiale, sentimentale, et l’artiste chanteuse, peintre, photographe.
Pour qu’on s’y retrouve malgré tout un peu, "Dream of Live" s’ouvre sur une mini-autobiographie, racontée par Patti Smith sur des images de mustangs au galop et fond rouge. "Horses", le premier album, 1975. "La vie n’est pas une ligne verticale ou horizontale, dit-elle dans le commentaire en voix off qu’elle assure tout au long du film. Chacun a son propre univers intérieur désordonné. D’où l’importance de la beauté, de la musique, du son, du bruit".
Voilà ce qui fait donc courir Patti. Dans la boîte aux souvenirs, marqués d’images ayant la force du noir et blanc ou de la couleur à granulation modulée, il y a cette petite robe de fillette faite main, de couleur beige, l’une des rares choses qui lui restent de son enfance. Il y a cette guitare Gibson noire de 1931, qu’elle a acquise en 1971 et qu’elle a appelée "Bo", car elle a commencé par travailler des chansons de Bob Dylan. Dylan qui la lui a accordée une fois, en 1975. Dylan, un poète parmi les nombreux qu’a croisés l’artiste habillée à la garçonne, coiffée à la sauvageonne. Sa quête de poésir l’a menée sur les traces de nombre d’entre eux, sur leurs tombes comme celles de William Blake ou d’Arthur Rimbaud, à Charlesville. De partout, elle revient avec des images, superbes, prises au Polaroid 6x9.
Mais Patti Smith ne peut se cantonner au rôle d’observatrice. Sa chanson "Radio Baghdad" sous le bras, elle manifeste contre la guerre en Irak. Illustration et leçon de vie au rythme de la poésie, "Dream of Life" est un modèle du genre documentaire.
Dominique Simonet
13:53 Publié dans Sorties - DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patti smith
07.12.2008
Sheryl Crow - Live
D’accord, ce n’est qu’un concert filmé, mais il est joli. Certes, Sheryl Crow n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler une bête de scène. Elle a de belles chansons et une belle voix aux inflexions héritées de la country. Avec ça, elle s’entoure d’un groupe tout à fait capable, soit deux guitaristes, un claviériste porté sur l’orgue Hammond, et un batteur. Cela signifie que, pour toute une partie du concert, c’est elle-même, Sheryl, qui tient la basse. On la voit par la suite passer à la guitare électrique, glisser à l’acoustique qu’elle aime bien trimballer dans son dos comme une vraie countrywoman, et enfin au piano. Une musicienne, l’ex-madame Lance Armstrong.
Dans cette présentation, il est très énervant de ne rien trouver comme information quant à la salle et à la date où eut lieu ce concert. D’après le répertoire, on peut supposer qu’il se situe au début des années 2000, et les gens ont l’air d’Américains dans la moyenne ("moyens", ça fait péjoratif). Dommage que ce public réagisse comme dans le cadre d’une prestation envahie de matériel tévé: ce n’est pas ça qui va exciter outre mesure une chanteuse au tempérament très détendu.
Dans ce répertoire personnel, Sheryl Crow inclut deux reprises, "The First Cut Is The Deepest", de Cat Stevens, et "(What’s So Funny 'Bout) Peace, Love and Understanding", un titre écrit par Nick Lowe pour son groupe Brinsley Schwarz, et reprit par Elvis Costello et ses Attractions. C’est d’ailleurs à cette dernière version que la chanteuse fait allusion. Rockeuse ("Everyday is A Winding Road"), elle termine son petit show en trombe avec "Steve McQueen", ouvert sur un vrombissement de moteur V8 d’une vieille Ford Mustang GT de la grande époque, celle du film "Bullitt" (1968). À part ça, elle est minouche, Sheryl, avec ses petites fossettes quand elle chante, car elle a le chant souriant, et la mèche blonde, qu’elle repasse sans arrêt derrière son oreille gauche.
(DS)
1 DVD Sound Stage 001, PiaS!
11:55 Publié dans Sorties - DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sheryl crow, live
09.11.2008
Jewel, The Essential Songbook
Toutes proportions gardées - certaines courbes notamment -, Jewel est un peu une Vanessa Paradis à l’américaine, avec une même voix infantile ou juvénile. A cette différence près que la jolie poupée ricaine s’avère être une musicienne hors pair quand la petite Française en est encore à bricoler quelques accords de guitare. C’est l’une des grandes différences entre l’Europe et l’Amérique où, pour réussir, il faut avoir du métier et du bagout.
Yeux gris bleu, cheveux faussement blonds, énormes créoles aux oreilles, lèvres brillantes, elle en jette. Née Jewel Kilcher le 23mai 1974 à Payson, dans l’Utah, elle est digne de son prénom. Sur la scène du Rialto Theatre de Joliet comme sur celle du Meyerson Symphony Center de Dallas, elle est d’abord seule avec sa guitare. Sa présence vocale, douce et au vibrato bien modulé, son jeu en parfait accord et ses petites histoires plus ou moins personnelles suffisent à captiver la salle. En jeans et petit top ou robe courte et bottes trois quarts mollets, elle raconte son héros de toujours, Bob Dylan. Gentillette? Insipide? Fausse blonde? "Welcome to the New Wild West" démontre le tempérament de la mademoiselle.
En cours de route, elle est rejointe par une orchestre pop (à Dallas) ou un orchestre de chambre (à Joliet), et s’essaye avec bonheur au chant classique ("Per la gloria d’adorarvi", de l’opéra "Griselda", air fétiche de feu Pavarotti) et termine à tous les coups par un "Yodel" à couper le souffle. Le jour où on entendra Vanessa Paradis faire ça, on en reparlera. Alors, c’est du DVD de concert, certes, mais du tout beau. (DS)
1 double DVD Soudstage 004, PiaS.
08:18 Publié dans Sorties - DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jewel, the essential songbook
08.11.2008
Revolution Rock, Live - The Clash
"Le plus grand groupe ayant émergé de l’ère punk", commente le commentateur. Sans doute a-t-il raison, mais pas avec ce document comme argument massue. Entre1977 et1983, vingt-deux titres retracent une histoire scénique des Clash, groupe fondé à Londres en 1976. En Grande-Bretagne comme ailleurs dans le monde, c’est la crise économique suivant le choc pétrolier de 1973, crise sur laquelle pousseront la rage nihiliste punk et le néoconservatisme de Margaret Thatcher: au pouvoir dès 1979, celle-ci sera un autre sujet d’énervement des punks.
C’est bien une musique de petits Blancs énervés. Très anglaise, l’urgence donne un grand coup de balai dans un rock sclérosé d’une sophistication qui n’était pas la sienne au départ.
Heureusement, ce dévédé donne peu de commentaires (en anglais non sous-titrables) et beaucoup de musique. Et ils donnent, les Clash. Joe Strummer a la bave qui colle au micro lorsqu’il éructe "I’m So Bored With the U.S.A.". Avec "Tomy Gun", on voit d’où Indochine tire son inspiration, et "Radio Clash" rappelle indiscutablement un certain Mano Negra, avec Manu Chao à sa suite. Un groupe d’influence que the Clash, et ça se mesure bien avec ce film qui se termine là au Shea Stadium, concert auquel est consacré tout un CD par ailleurs. A New York, en 1982, au sommet de la gloire et sous la pluie. (DS)
1 DVD Sony BMG 7373129.
08:16 Publié dans Sorties - DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the clash
27.09.2008
Down The Tracks, The Music That Influenced Led Zeppelin
Un film vidéo comme ça vaut tous les gros bouquins du monde, sur le blues, le folk et Led Zeppelin du moins. Encyclopédie plongée dans les racines (du mal, diront certains), là où, parmi d'autres Anglais des années soixante, Led Zeppelin puise son inspiration. Et ça va loin, pour sûr, ça remonte aux plantations de coton dans le sud des Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, pour tout dire, avec le country blues acoustique de Charley Patton (1887-1934). Charley "le bon à rien", comme disaient son père et son patron aux "Dockery Farms", d'où il s'est fait virer. Normal, ce n'était pas la cueillette du coton dans des conditions innommables qui l'intéressait, mais la musique. Entre Patton et Robert Johnson, puis Muddy Waters, le passeur fut Son House, père du blues du Delta, maître incontesté de la guitare à résonateur. Son House qui témoigne : "Le vrai blues ne suscite pas l'envie de danser. [...] Le blues se contente d'être. Quand on se sent seul, qu'on s'inquiète et qu'on ne sait pas trop quoi faire." Son House qu'a vu, en concert, dans les années soixante, un certain Jimmy Page, guitariste fondateur de Led Zep. Il paraît que, venant poser sa candidature comme chanteur à Page, dans une péniche, sur la Tamise, Robert Plant est arrivé avec une pile de disques de blues sous le bras, et c'est comme ça que le courant est passé entre les deux hommes.
Ce film documentaire ne fait pas l'impasse sur les titres "empruntés" par Led Zeppelin au répertoire du blues, comme "Hats Off To Roy" ("Led Zeppelin III"), pompé sur "Shake 'Em On Down" de Bukka White. Mais il n'y a pas que le blues à la source, il y a aussi le folk, anglais ou autre, de Bert Jansch par exemple, dont le "Blackwater Side" a inspiré le "Black Moutain Side" du Zep. Un auteur invité est indulgent. Pour lui, ce hard rock n'est pas de la pop, mais "un contact avec quelque chose de plus profond, viscéral et mystérieux, et les chansons controversées qu'ils ont empruntées sans forcément le dire sont très différentes des originaux." Après une analyse de l'influence de Scotty Moore, premier guitariste d'Elvis Presley, du style skiffle, de John Ronald Reuel Tolkien et de l'occultisme, on ressort de ces nonante-trois minutes avec l'envie furieuse de se jeter sur les six premiers albums du Zep, qu'on n'écoutera plus jamais avec la même oreille.
(DS)
1 DVD Eagle Vision 716, PiaS
12:15 Publié dans Sorties - DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : led zeppelin, dvd
25.09.2008
Tori Amos, Live at Montreux 1991-1992
Fans de la charmante Tori, ceci est pour vous. Avant même la sortie de son - vrai - premier album, "Little Earthquakes", en 1992, elle était au festival de Montreux, où elle a donné, en 1991, son tout premier concert en solo avec piano. Tout y est déjà : la passion, la voix forte et sensuelle, voire provocatrice, et qui ressemble à celle de Kate Bush dans les aigus, le jeu tempétueux au piano, devant lequel, pour se tourner vers le public, elle est assise de biais, ce qui fait dire qu'elle est une grande biaiseuse. Torride Amos a tellement impressionné son monde cette année-là qu'elle a pu revenir l'année suivante, en 92, cette fois devant un grand piano Steinway, roulant des hanches avec une énergie sexuelle capiteuse. Fille de pasteur, sa reprise de "Whole Lotta Love" (Led Zeppelin) est une incarnation brûlante du désir. Chaud devant. (DS) 1 DVD Eagle Vision 711, PiaS. Existe aussi en disque compact.
12:25 Publié dans Sorties - DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tori amos
24.09.2008
Vanessa septième ciel
Et dire que le concert, ce n'était pas trop son truc. Entre "Joe le taxi", succès phénoménal paru le 27 avril 1987, et les premières scènes, il aura fallu attendre six ans. Depuis, tout occupée à faire des bébés, des disques et à tourner des films, Vanessa Paradis est une apparition magique et rare. Mais, en 2007, l'élan donné par l'album "Divinidylle" est irrépressible; partie prenante du disque, Matthieu Chédid embarque quelques potes à lui, et c'est parti pour une tournée d'exception. En voici le compte rendu en disque, chouette, et en images, superbes.
Didier et Thierry Poiraud ont réalisé pour cela un vrai film, bien ficelé, bien rythmé, et heureusement d'ailleurs, parce qu'il dure 2h30... Ambiances, entretiens, chansons s'entremêlent pour faire vivre au spectateur cette tournée grandiose qui, comme à chaque fois, a commencé petit, dans des clubs façon Elysée-Montmartre à Paris, en octobre 2007.
Même si l'énergie est décuplée, la continuité avec l'album est totale, scène et disque étant mixés de la même manière, "à la française, avec la voix mise en évidence à l'avant". C'est Vanessa qui explique. Dans le genre beau petit lot, celle-là... Minouche comme tout, avec ses cheveux en cascade ondulée et son rouge à lèvres incarnat, elle se pose en capitaine de bateau, avec Matthieu en retrait comme il se doit, galurin noir pour cacher l'identité de M : "Je suis dans ma période chapeau depuis quelques mois. Donc, on m'appelle Stevie Ray Popeck."
La devise de la chanteuse sur la tournée : "Optimiser la qualité dans le plaisir." De là, sans doute, l'apparente bonne humeur régnant partout. Une vraie complicité semble régner entre les musicos, entièrement dévoués à ce mètre soixante-cinq de chanteuse aguicheuse. La costumière le dit : "tout sur elle finira sensuel, rock et simple. C'est déjà pas donné à tout le monde." Les extraits de concerts se placent dans le fil du récit sans avoir l'air de pièces rapportées. Et là, bonjour l'ambiance. Ah, cette intro de Matthieu Chédid, à la "Shaft", pour "Be My Baby" ! Ce n'est pas le seul moment d'anthologie, loin s'en faut, dans ce film qui, au-delà du souvenir, en apprendra aussi à ceux qui y étaient.
Dominique Simonet
"Divinidylle Tour", Vanessa Paradis 1 CD + DVD Barclay 310343, Universal.
12:14 Publié dans Sorties - DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vanessa paradis, dvd, divinidylle tour







































































































