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We Love Green, des notes sous les ramures

WLG1.jpgLe petit festival parisien devenu grand déroule sa 6e édition. Sa directrice nous explique les rouages de l’événement.

L'an dernier, nous avions décidé de franchir les frontières à la découverte d'un événement étranger, avant d'attaquer dès juillet notre traditionnel marathon-maison festivalier. Une bonne résolution, que nous voulions réitérer. Après le sud de l'Hexagone, Nîmes, les flamands roses et les guitares de This Is Not A Love Song, c'est sur We Love Green et sa capitale Paris que notre choix s'est arrêté (crédit photo: Maxime Chermat).

L'an zéro, une scène et 13000 visiteurs. L'an dernier, quatre scènes et 47000 visiteurs. A la veille de sa sixième édition, le festival parisien a le vent en poupe et ses organisateurs ambitionnent dépasser la barre des 50 000 en ce nouveau cru. Dès samedi, We Love Green prend ses quartiers au beau milieu d'une grande clairière aménagée dans le Bois de Vincennes, sur un site d'une dizaine d'hectares. Une grande première cette année, après avoir étrenné le Bois de Boulogne et le Jardin Botanique.

MarieSabot.doc.jpgMadame la directrice

Chose assez rare et appréciable pour être soulignée, c'est une femme – Marie Sabot, 46 ans – qui trône à la tête de l'événement. "C'est effectivement peu courant... Le milieu reste très masculin, du moins en ce qui concerne les postes de direction de festivals, puisque la gent féminine est par contre bien représentée au sein des équipes." La directrice dut par conséquent gagner ses éperons. "Cela fait un moment que j'évolue dans le secteur musical. J'ai commencé par travailler pour un gros tourneur, en 1992, puis pour des salles de concerts, j'ai bossé dans l'événementiel à caractère culturel, fait de la programmation, de la production… Pour diriger ce genre de manœuvre, il faut une connaissance de tous les secteurs d'activité du festival : technique, lumières, distribution d'eau, traitement des déchets, flux de circulation, développement durable, mutualisation des énergies, traçabilité des produits, logistique, budgets, etc. C'est un peu être un couteau-suisse... Mais j'ai acquis une expérience variée au fil des années, jusqu'à la création en 2003 de l'agence We Love Art avec mon associé, centrée sur l'organisation d'événements électroniques."

« Organiser un tel événement, c'est un peu comme être un couteau-suisse. »

Marie Sabot, Femme d'affaires culturelles

Aujourd'hui, ladite agence organise deux grands événements dans la capitale hexagonale. Il y a les éditions annuelles du Peacock Society Festival (juillet/février), depuis 2013 au Parc Floral de Paris, et ce déjà fameux We Love Green, dont l'édition nouvelle s'ouvre donc ce week-end. Quarante-cinq groupes et artistes y sont conviés, majoritairement puisés aux rayons électroniques et hip hop, que d'aucuns rassemblent sous une étiquette urbaine qui va bien au teint de ce rendez-vous bucolique mais métropolitain. A cet égard, pour son cadre (un parc au cœur de la ville) et sa capacité quotidienne, We Love Green pourrait être comparé à nos Ardentes liégeoises.

Vert est le déhanché

"Je nage en eaux électros depuis le début des années '90, sous une forme encore underground à l'époque. Progressivement, l'idée a été de sortir cette musique des clubs, en dépit d'une scène qui a mis du temps à se structurer en France et qui a bataillé une décennie avec les pouvoirs publics. De l'emmener dans des endroits atypiques, des lieux patrimoniaux, d'en faire découvrir l'ambition, la fibre artistique, la dimension culturelle…" Un pari gagné puisque We Love Green est, outre les notes, devenu pépinière de start-up, lieu de conférences, de projections, d'expositions, de création et résidences d'artistes.

WLG3.jpgSans oublier les jolies couleurs vertes d'un évenement qui se veut le plus responsable possible. Ainsi, We Love Green a une scène qui fonctionne à l'énergie solaire, une autre à l'huile recyclée, produit et revend plus de quatre tonnes de compost aux agriculteurs du coin chaque fin d'édition, et offre de l'eau gratuitement (!) aux festivaliers.

Tout cela a forcément un coup. En matière de financement, We Love Green fait partie de la 3e génération de festival, après les événements classique et jazz historiquement tenus par les subventions, et certaines grands messe pop qui restent bien "aidées". Concrètement, cela donne : 70% de recettes propres, 20% de fonds privés, 4% mécénat, et 5% d'argent public, ce qui correspond à 15 000€ sur 4,5 millions. Une goutte d'eau néanmoins appréciée, dans un contexte de finances publiques exsangues et avec l'arrivée à Paris de gros festivals internationaux (Lollapalooza, le géant AEG associé à Rock-en-Seine, etc.) qui "faussent la donne".

Mais We Love Green demeure dans les petits papiers des agents britanniques, qui le qualifient de profile festival, comme aime le rappeler Marie Sabot : "Des festivals 'nouvelle génération', qui se plaisent à faire les choses différemment, se veulent pluridisciplinaire. Nous nous sentons plus proches de festivals anglais comme Wilderness, Green Man, Shambala… Des événements créatifs, accordant une place importante à la scénographie pour mettre à l'honneur leur plateau musical. "

Et quel plateau musical… Ce week-end, au Bois de Vincennes, vous applaudirez Solange, Anderson.Paak, Abra, Kadhja Bonnet, Action Bronson, Seu George, Damso, Camille, Justice, Jon Hopkins ou encore Richie Hawtin.

Nicolas Capart

>We Love Green, Paris [Bois de Vincennes], les samedi 10 et dimanche 11 juin. Prix : +/-50€/jour, 95€/2 jours. Infos et tickets : www.welovegreen.fr.

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