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Nuits Bota#5 : Témé Tan, le retour de l'enfant prodigue

591b04decd70022542dc8446.jpgLundi 15 mai, 19h30. Dans l'allée des serres botaniques, on remonte le chemin tel un Petit Poucet, en suivant de curieux sacs de toile suspendus entre rampes, branches et étangs. Ceux-là sont frappés du sceau et des sept lettres de Témé Tan, jeune garçon pétri de talent dont on croise déjà les rengaines épicées depuis un bon moment. Le sien semble être arrivé, puisque la rumeur de ses passages à l'étranger a pas mal enflé, et qu'un record deal en bonne et due forme il a enfin signé.

Tropical pop

Né Tanguy Haesevoets à Kinshasa, Témé Tan débarquait dans notre plat pays à l'âge de six ans. Basketteur, et donc décidé à enchaîner les paniers, mais également, déjà, de musique passionné. De ses années congolaises et de ses pérégrinations, il puisera ses racines dans la world et les rythmes africains, pour mieux les tremper dans la soul, le funk et le hip hop. Un cocktail de soleil et un sens du groove inné, qui fait de chacun de ses morceaux un puissant antidote à la morosité.

En 2011, le ketje d’adoption publiait seul et sans trop d'échos un premier EP baptisé “Matiti”, du nom des herbes hautes où ils avaient enfant l’habitude de jouer. L’année suivante, il rencontre à Rio Mestre Michel Feliciano, percussionniste brésilien de renom avec lequel il réalise un petit EP de reprises, “Quatro”. Enfin, en 2013, après un retour aux sources à Kinshasa et avec l'aide du génial beatmaker bruxellois (et complice de longue date) Noza, sort “Améthys”, morceau imparable en forme de carte postale à sa maman, histoire de célébrer sa mémoire en dansant (aujourd'hui objet d'une ressortie EP). Ensuite, plus rien, jusqu'il y a peu.

Dans l'intervalle, Témé Tan a charbonné, peaufiné les anciennes perles, composé de nouvelles mélodies, écrits d'autres textes et ainsi façonné les chansons du premier album tant attendu annoncé le 22 septembre. Lundi, sur les planches d'un Grand Salon où régnait une température de sauna, il les a défendues comme il l'a toujours fait. Seul, mais armé de sa voix angélique, et entouré de machines à loops ou de sampleurs. De sa drôle de chanson du tigre à ce "Champion" bondissant très club, en passant par les percus de tribales de "Darling", le mercure a (encore) grimpé, les sourires ont germé, tout comme les déhanchés. Le tube à retardement “Améthys” n'a, lui, rien perdu de son efficacité. Les futurs hits "Sè Zwa Zo" et "Ça va pas la tête" n'ont, eux, pas fini de la démontrer.

Enfin, en plus du soleil, il y eut aussi "Le Ciel", aux bons soins du sieur Le Motel, producteur brainois émérite – entre autres complice de Roméo Elvis – qui signera l'un ou l'autre morceau du disque à venir, et partageait l'affiche avec Témé Tan ce soir-là. Dans ses foulées, il livra un set quatre étoiles aux couleurs hip hop et aux vertus hypnotiques, dont l'unique défaut fut d'avoir lieu aussi tôt. Lundi, aux Nuits, le Grand Salon était beau et (très) chaud.

Nicolas Capart

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