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Konoba, itinéraire d'un enfant doué

5880f93ccd70e747fb4cee84.jpgSon 1er album sort ce vendredi. Retenez son nom : d’en entendre parler, vous n’avez pas fini…

S’il a fallu mettre en place une récolte de fonds KissKissBankBank pour financer son premier album, "Smoke&Mirrors", sa divulgation en les murs de l’AB ces 21 (Club) et 27 janvier (Box) affiche d’ores et déjà complet. Et la carrière du jeune homme semble joliment propulsée. Raphaël Esterhazy est originaire de Wavre, a 27 ans et a hérité ce joli nom de son grand-père hongrois. Un jeune musicien, compositeur, interprète et producteur, qui s’est fait tout seul, à force de talent et surtout de labeur (crédits : Elias Weemaes).

Il n’a que huit ans lorsque sa mère l’installe derrière le piano du salon. Devenu ado, vers 14 ans, il délaisse les touches noires et blanches pour tâter de la guitare électrique et monte un groupe de rock, les Flying Socks. Quelques dates s’enchaînent alors - "la première édition de l’Inc’Rock, Dour Kids…" - et avec elles fleure l’idée de se lancer dans la musique pour de vrai. Ses humanités terminées, le jeune diplômé file vers Saint-Luc pour des études d’architecture. C’était son plan initial. Mais l’année suivante, il interrompt ledit cursus et traverse la Manche le temps d’une parenthèse britannique qui va se prolonger.

L’exode anglais

Pour lui, c’est le début d’une année sabbatique dans la City. "Je me suis dit ‘si je ne le fais pas maintenant, je n’en aurai peut-être plus jamais l’occasion’… Je me suis inscrit à une formation d’un an, axée sur le chant et la performance scénique. Je comptais rentrer une fois qu’elle serait terminée." Mais Raphaël se prend au jeu, bosse dur et se passionne tant et plus pour la production musicale. "J’ai réalisé que c’est ça que je voulais faire. Mais rien n’existait en Belgique dans ce domaine, du moins pas dans une démarche créative. En Angleterre par contre, j’avais l’embarras du choix. Après avoir convaincu mes parents et être tombé amoureux de Brighton, j’ai opté pour son Université. C’est une ville géniale, vivante, dynamique, pleine d’artistes, avec des concerts à tous les coins de rue… J’y suis finalement resté quatre ans."

Pendant cette période, le jeune homme ne chôme pas. Il produit pour d’autres (Kevin Murphy, Time for T, Common Tongues), et donne surtout vie à son propre projet. S’alignent ainsi trois EP : "Miami Hotel" en 2011, "Mind the Gap" l’année suivante et "Colours&Shapes" en 2013, dont la sortie coïncide plus ou moins avec son retour en Belgique.

Le retour de l’enfant prodigue

"Toute une série de raisons m’ont poussé à rentrer. La principale est que le marché musical est totalement saturé en Angleterre. Et c’est très compliqué d’y gagner sa vie. Du coup, je multipliais les petits boulots, ce qui laissait de moins en moins de temps à la musique. Je voyais des amis musiciens, ultra talentueux, l’abandonner progressivement pour ne plus en faire qu’un hobby. Je ne voulais pas que ça m’arrive." D’autant qu’au pays, Raphaël devenu Konoba a de la famille, des amis, des bars où jouer, des gens qui pourraient l’aider à avancer.

Pour autant, il semble tout à fait en mesure de se débrouiller. A peine rentré en Belgique, il poste la vidéo de "Best of Belgium". (ci-dessus Un mash-up et donc plusieurs morceaux revisités et mélangés afin de n’en faire qu’un, où l’on retrouve tout ce que notre plat pays a connu de tubes cette année-là, de Stromae à BRNS, en passant par Saule, Girls in Hawaii, Hooverphonic, Suarez, Noa Moon ou Puggy. Le tout réarrangé et réinterprété avec astuce à la sauce Konoba. Une idée de génie pour se présenter et un premier petit buzz à la clé.

Un art que le garçon maîtrise à merveille, puisqu’après la sortie d’une carte de visite - "Konoba EP" - en guise de préambule à "Smoke&Mirrors", il s’offre un second buzz. Cette fois, grâce au morceau "On Our Knees", repensé et re-clipé à base de sons enregistrés un peu partout dans Bruxelles. "Ça a pas mal tourné en effet, la VRT en a même fait un sujet de son JT. Côté francophone, ça a eu un peu moins d’échos pour l’instant…" Mais cela changera à n’en pas douter.

Dans les prochains jours, Raphaël et ses acolytes (Maxime Honhon, Maxime Simon et Edouard Cabuy) fouleront à deux reprises les planches de l’AB pour y dérouler les nouveaux morceaux de "Smoke&Mirrors". Un album tissé d’anglais (surtout), de français (parfois) et d’une électro-pop froide, synthétique et très produite que réchauffe la voix de Konoba, non loin du jardin de son confrère flamand Oscar&the Wolf. On lui souhaite en tout cas le même succès.

Nicolas Capart

> 1CD "Smoke&Mirrors" (Red Moon/COD&S Distribution). En concert les 21 et 27 janvier à l’AB (sold out), le 16 mars au Reflektor liégeois et lors des Nuits Botanique le 19 mai prochain.

Bio Express:

2 juillet 1989: Naissance de Raphaël Esterhazy.

1996: Premiers pas dans la musique, et au piano.

2005: Il est à l’affiche de l’Inc’Rock Festival avec son groupe, Flying Socks.

2008: Départ vers l’Angleterre.

De 2011 à 2013: Sorties des trois premiers EPs de Konoba ("Miami Hotel", "Mind the Gap" et "Colours&Shapes").

2013: Retour en Belgique et petit buzz autour du morceau et du clip "Best of Belgium".

2015: Sortie du EP "Konoba".

2016: Revisite du morceau "On Our Knees" au moyen de sons enregistrés un peu partout dans Bruxelles, et nouveau buzz autour de son clip.

20 janvier 2017: Sortie du premier véritable album de Konoba, "Smoke&Mirrors", et déjà deux dates annoncées complètes à l’Ancienne Belgique.

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