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Le triomphe de Michel Jonasz au Toots Jazz Festival

57d41ceb35701f2d117365ed.jpgEn première partie, la jeune chanteuse uccloise Typh Barrow a séduit le nombreux public hulpois.

Vendredi soir, à La Hulpe, le deuxième Toots Jazz Festival s'est ouvert en affichant complet. Quelque 1500 personnes se sont enthousiasmées pour le chanteur Michel Jonasz, mais la première à recevoir une ovation, c'est Huguette Thielemans, dont le célèbre mari était le parrain du festival, « il est maintenant notre étoile » , dit Pascal Mesmaeker, l'organisateur (crédits : Alexis Haulot).

 

Ce même public s'est ensuite enthousiasmé pour la jeune chanteuse Typh Barrow et sa voix qui se brise sur les récifs de l'émotion. On la compare volontiers à des stars anglaises ayant défrayé la chronique, et elle se pique au jeu en reprenant « Back To Black » à la regrettée Amy Winehouse, chanson dans laquelle l'interprète se moule – presque trop – parfaitement. L'âme, la soul, ce n'est pas ce qui manque le plus à Typh Barrow, que l'on retrouve crooneuse dans « Summertime Sadness » de Lana Del Rey.

Conservatoire jazz et hip hop

Le spectacle est l'occasion d'en apprendre un peu plus sur la chanteuse, qui a passé l'examen d'entrée au conservatoire, section jazz, dans lequel elle fut confrontées aux standards. Parmi ceux-ci, elle a sélectionné « Autumn Leaves », dédié à la mémoire d'un de ses merveilleux interprètes, Toots Thielemans. Le début, « Les feuilles mortes », révèle une voix tout aussi craquante en français dans le texte.

Et puis Typh Barrow avoue avoir grandi dans une ambiance de hip hop américain. D'où ses reprises de « Gangsta's Paradise » (Coolio) et de « No Diggity » (Blackstreet), relectures habiles car, dans les deux cas, ce sont les thèmes originaux échantillonnés qui ressortent : « Pastime Paradise » (Stevie Wonder) et « Grandma's Hands » (Bill Withers). C'est donc bien la soul qui l'enflamme et la consume. Ainsi Typh Barrow remporte-t-elle un grand succès auprès d'un public qui n'était pas venu majoritairement pour elle, mais qui sait désormais à quoi s'en tenir.

Ouille ouille ouille

« Y a rien qui dure toujours pareil, le soleil, le soleil se refroidit de jour en jour, juste un peu moins vite que l'amour ». C'est ainsi que Michel Jonasz, qui a rempli le chapiteau du Toots Festival, commence son spectacle. Ouille ouille ouille, ça ne va pas être drôle. Eh bien si, très. D'abord, le petit Michel, allure de Français moyen malgré une cravate sombre ouvertement dénouée sur fond de chemise blanche, est en réalité un homme de spectacle exceptionnel. Fieffé raconteur d'histoires, imitateur patenté de Charles de Gaulle sur la scène du Golf Drouot, il enchaîne les titres enjoués et, c'est vrai, des chansons tristes à se jeter d'un pont, soulignées par ses sourcils en accent circonflexe.

Spécialités funky

Mais ce sont d'abord ses musiciens qui mettent l'ambiance avec leurs escapades en solo. Ils ont les moyens de leur politique, ces Jean-Yves D'Angelo (claviers), Jérôme Regard (contrebasse), Manu Katché (batterie), tous fines lames dans leur genre. Ils s'adaptent à tout et font surtout renaître ce sont fusion années 1970 à la Steely Dan, synthés scintillants et Hammond groove, son certes daté mais qui n'a pas vieilli. Avec Jonasz, il faut enclencher le 4x4 et être un as du tout-terrain : « Le Boléro », « La Bossa », « La FM qui s'est spécialisée funky », « La boîte de jazz », « Everyday I Got the Blues », « Joueurs de blues » avec « le blanc qui chante Toulouse, le noir qui chante 'I was born to lose »... C'est gagné : le chapiteau hulpois marche à tous les coups, chante à tue-tête, applaudit à tout rompre. Sûr que, Là-Haut, l'étoile Toots scintille encore un peu plus.

Dominique Simonet

 

Lien permanent Catégories : Belgique, Festivals 0 commentaire Pin it!

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