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Un monde en short, des gambettes à perte de vue

18_50_20_131679906_AVPRESSAMBIANCEDOURJOUR1-145.jpgLe Dour festival à travers le regard aiguisé d'Aurore Vaucelle, journaliste mode à la Libre Belgique.

Ils étaient tous tournés vers le totem lumineux, l’œil pétillant, le sourire plein de dents prêtes à croquer son voisin, gigotant au son des délirants Claptone et Bakermat. Une chose les englobait en un même ensemble, en plus de leur enthousiasme pour la musique à danser qui crée la transe : le port du short (Crédits: AV Press).

18_43_19_167373447_AVPRESSAMBIANCEDOURJOUR1-107--U401486258109VHF-204x122.jpgObligatoire: il faisait très, très chaud ce week-end à Dour, thermomètre au poing. Nécessaire: le short fait partie de l’uniforme indispensable du festivalier car ce petit morceau de tissu (au vu de sa surface limitée) craint peu la poussière et les liquides, divers et variés, qui ont tendance à couler durant ces jours de festivités. Fédérateur enfin: le short de “Douréééé” – comme on le hurle à tue-tête au pied du totem musical – est une institution vestimentaire que l’on ne pourrait nier, au point de passer pour un extraterrestre, un Gille de Binche (les Gilles de Binche ne portent jamais de short, c’est bien connu) ou un réact’de la jambe découverte.

18_49_19_352928008_AVPRESSAMBIANCEDOURJOUR1-140.jpgEt, en effet, les réactionnaires de la jambe semi-nue et autres défenseurs de la pudeur pourraient gentiment faire une syncope au milieu de la plaine de la Machine à Feu et choir devant tant d’épiderme montré. Oui: choir, aux côtés des autres gens déjà au sol, ceux-là pas un poil choqués mais juste en train de roupiller avant une autre gigoterie organisée. Bref, un censeur de la jambe nue aurait en effet bien du travail à Dour, devant poursuivre, en premier lieu, et muni de son petit carnet à amendes, les filles qui se sont donné le mot pour porter, en ces lieux, les shorts les plus courts que la Terre ait jamais porté. Mais il parait que Dour ne serait pas Dour sans ses shorts à perte de vue, montés sur des longues jambes frangées de jeans et consolidées, à l’étage inférieur, par des baskets légèrement crasseuses.

Petite typologie du short

18_49_21_479506896_AVPRESSAMBIANCEDOURJOUR1-139--U4014862581092QG-204x122.jpgAu paradis des shorts, les jeans découpés sont rois. Alors certes, on a bien vu certaines donzelles tentées de se démarquer à base de simili cuir, de shorts grimés façon Navajo perdu en Borinage, des shorts en molleton qui font diablement penser à des grenouillères de poupons. Et puis des shorts de sportives qui auraient trop regardé “Jeanne et Serge” à la télé. Enfin, des shorts tout mous et fleuris, cette dernière catégorie étant un échec majeur en matière de goût et d’intérêt pratico-pratique, car il risque de se faire la malle durant pogos, portages de corps au-dessus de la foule en délire (on dit “slam” chez les initiés), ou autres danses à base de petits sauts répétés.

18_42_20_606230852_AVPRESSAMBIANCEDOURJOUR1-1240--U401486258109OKE-204x122.jpg

On a vu aussi des trop courts qui remontent le long de la cuisse (ces derniers comptaient en nombre), et la tendance aidant, les shorts à revers et les shorts verts marquaient le pas. Pourquoi ces deux-là ? Ce sont justement ces modèles que l’on vend en ce moment en mass market. Et qu’on a acheté en solde récemment en pensant à son doux festival. La conclusion est rude quand même : le port du short à Dour, institution festivalière alternative, ne résisterait pas au vent du marché?! Comment résister ? Imposer le bikini ?  Ce n’est qu’une idée...

Aurore Vaucelle

PREMIERS ECHOS DU DOUR FESTIVAL

L'INTERVIEW DE MOUNTAIN BIKE

NOTRE BILAN DU DOUR FESTIVAL

DOUR 2014 EN IMAGES

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Commentaires

  • C’est un peu dommage et gênant de commencer à rédiger un billet en parlant de "festivaliers" en général, pour ne l’illustrer qu’avec des jambes et des fesses de "festivalières"... Un journaliste homme serait taxé de machisme pour moins que ça !

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