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Moaning Cities, noir, jaune, rouge et psyché

moaning.jpgLes Bruxellois dévoileront leur excellent 1er album au Botanique ce samedi.

Au rayon jeunes pousses belges, Moaning Cities est certainement à surveiller de près. Un quintet rock formé à Bruxelles à l'automne 2011 et dont les rengaines fleurent bon le son des seventies. Cinq musiciens conduits par le charismatique chanteur, leader et guitariste Valerian Meunier qui déterrent à l'envi les racines du blues d'Oncle Sam pour mieux y planter leurs guitares psychés. (crédits: Caroline Lessire).

"La base du groupe, c'est Bertrand – l'autre guitariste – et moi qui nous rencontrons à Bruxelles il y a 7 ou 8 ans et qui commençons à jammer. Puis Greg – le batteur – qui nous rejoint plus tard, pour des petites sessions à trois dans le sous-sol d'une église Place Brugmann... Ensuite, ma sœur, qui étudiait à Manchester, a terminé son Bachelor et est rentrée en Belgique pour une année sabbatique. Juliette s'est fondue aux répétitions et c'est vite devenu une évidence qu'elle intègre le groupe. Elle y tient la basse, même si elle joue du synthé à la base. Enfin, la dernière pierre de l'édifice fut Tim, le sitariste, qui nous a trouvés en janvier 2012."

Des potes, une frangine, un sitar, beaucoup d'envie et l'amour des guitares comme moteur. "On a des bons geeks de matos dans le groupe. Tim vient de s'acheter une nouvelle gratte. Dès qu'il touche une petite com' au boulot, ça part là-dedans. Bert', lui, fabrique des pédales. Il achète des kits qui sont en fait des répliques de pédales connues super vieilles. Il les assemble lui-même, puis les redessine, en personnalise les effets. Il a aussi construit une Telecaster quand même! 6 mois à raison de 2 soirs par semaine. Il a acheté le bois au Canada, tout fabriqué de A à Z... Et elle sonne comme une guitare américaine finition haut niveau. Mais, à part la Telecaster de fou, on n'a pas de supers instruments encore. Moi je joue sur une Epiphone Casino, mais la version coréenne qui coute 400€. Je ne suis pas suffisamment bon guitariste que pour m'acheter une Gibson à 3000 balles pour l'instant" (rires).

Après un EP introducteur des plus prometteurs l'an dernier, ceux-là célèbreront samedi soir la sortie de leur premier album, "Pathways through the sail". Un disque haut en couleurs, puissant et électrique, fruit d'un intense labeur. "On a enregistré l'EP en juillet 2012. Quatre titres totalement auto-produits sortis en septembre avec lesquels on a commencé à tourner. Une trentaine de dates en 2013, beaucoup en Belgique, un peu en France, un peu en Suisse. Puis, le groupe a bossé tout l'été sur les nouvelles compos et on a mis l'album en boîte fin août."

Un disque vintage et fait maison, car on est jamais si bien servi que par soi-même. "On a produit "Pathways through the sail" nous-mêmes. C'était l'idée de base et on avait un peu d'argent de côté. 8 jours de sessions, 11 morceaux. Puis on a tout mixé à la maison, c'est l'avantage de la technologie d'aujourd'hui, avec Pro Tools, etc. Un mixage long et douloureux de 4 mois! Mais ça a permis une vraie réflexion sur le son, les teintes, les effets..."

Restait alors la touche finale: quelques effluves d'Outre-Atlantique. "On s'est adressé à un Américain, un certain Chris Keffer, qui avait masterisé des albums qu'on aime beaucoup – "Magic Potion" des Black Keys, le 1er disque de Radio Moscow. Pour le EP, on avait fait appel à Frédéric Alstadt (Ångström Mastering), un Français expatrié qui s'occupe du mastering d'une bonne partie de la scène alternative à Bruxelles et qui fait vraiment des chouettes choses. Mais, là, toujours pour pousser plus avant cette réflexion sur le son, on voulait changer. On a appelé Keffer et il a dit OK."

Retromania

"Nous avons été expatriés pendant quinze ans ma sœur et moi, à cause du travail de mon père, et habité à Moscou dans les années '90. Il y avait à l'époque des marchés de CD's pirates qui coûtaient genre 1€, avec le boîtier et une copie de la pochette. C'était vraiment une mine d'or, d'autant que ces vendeurs étaient super à jour. J'avais des tas de CD's... Mon père, par contre, était plutôt eighties, donc j'ai dû faire une réaction de rejet très basique et j'ai plutôt été écouter ce qui se faisait avant." Avec "Pathways through the sail", l'auditeur naviguera en effet dans des eaux qui déferlent de la fin des années '60 – des coups de coude au 13th Floor Elevator, des faux airs du Velvet, de vrais clins d'œil aux Doors – à la scène psyché-rock US contemporaine (Black Rebel Motorcycle Club, Black Angels, Dead Meadow. Night Beats).

Pourtant, si les coutures sont apparentes, lesdites influences sont parfaitement assumées. "Ce sont des groupes qu'on aime et qu'on écoute, mais il existe aussi une vraie scène du genre en Europe, avec des formations comme les Suédois Goat ou les Norvégiens de Electric Eye. Des forces qu'il faudrait fédérer (...) Finalement, se détacher de ses influences c'est surtout apprendre à écrire des morceaux. Définir sa propre musique. Au début, tu fonctionnes à travers de schémas, de cadres que tu as entendus, parce que tu ne sais pas trop où tu vas et que c'est rassurant d'emprunter un chemin déjà tracé, quitte à dévier un peu..." Délectable déviation s'il en est.

Nicolas Capart

> Bruxelles, Botanique (Rotonde), le samedi 15 février dès 20h. Prix: 8€/11€/14€. Infos: www.botanique.be > Un disque: "Pathways through the Sail" (Mottow Soundz)

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Commentaires

  • Bonne chance à vous tous et spécialement à Grégory!

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