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06/06/2012

Hawley coeurs!

50.jpgSplendide prestation du musicien de Sheffield au Botanique. Il revient à l’AB.

C’est l’un des concerts qu’il ne fallait pas manquer : le retour de Richard Hawley à la scène après le virage rock effectué sur l’album "Standing at the Sky’s Edge" (mai 2012). Dans cette collection de neuf titres, le natif de Sheffield (17 janvier 1967) réendosse l’un de ses rôles favoris, celui de guitariste, dans lequel il excellait avec Pulp et son ami Jarvis Cocker par exemple. Le tout à fond la caisse, donc un peu déroutant au départ, pour celui qui suit le tracé solo du bon Richard depuis 2000 (Crédits: Martin D'Haese).


Allait-il revenir à plus de douceur ou enfoncer le clou ? Dans une Orangerie bondée, le doute n’a pas duré : attaquant de front avec "Standing at the Sky’s Edge", la chanson, puis "Don’t Stare at the Sun", un formidable crescendo, Hawley donne le ton. Au départ, il y avait de quoi être un peu dubitatif tout de même : le musicien arrive sur scène en chaise roulante. Mon Dieu, qu’est-il arrivé ? Aurait-il loupé une marche ? Exact ! Il y a quelques jours, à Barcelone pour le festival Primavera, il s’est rendu chez un ami dont la maison comporte des escaliers en marbre. Bardaf, c’est la jambe brisée.

C’est donc assis que l’autre homme en noir - jusqu’aux lunettes et à la banane gominée - chante et joue de sa chère guitare retrouvée. Sur l’heure trois-quarts de concert défileront sept des neuf titres d’un nouvel album que Richard Hawley défend pied à pied, oserait-on dire D’emblée, l’écho posé sur la voix, les guitares et la batterie ouvre à une autre dimension. Un voyage dans le temps ? Chanson sur la dépendance, "Hotel Room" fleure bon le rockabilly de la fin des années 50 et le fascinant souvenir de Roy Orbison. Utilisée par le graffeur anglais Banksy pour une vidéo promotionnelle, ainsi que dans un épisode des "Simpsons", "Tonight the Streets Are Ours" fait ensuite un petit saut dans les sixties débutantes.

Hier, aujourd’hui, Richard Hawley est de tous les temps, y compris dans sa propre œuvre. Avec pedal steel guitar, "Soldier On" est aussi un univers en suspension, et "Lady Solitude", une ballade qui colle si bien au personnage. Il est ici avec ses musiciens habituels, dont Shez Sheridan aux guitares, Colin Elliot à la basse et Dean Beresford qui a une frappe de jazzman à la batterie. Il les appelle ses "brothers", ses frères. Avec eux, la musique est extrêmement au point, il n’y aurait qu’à démarrer l’enregistreur pour sortir un "live" aux petits oignons

Autres grands moments ? Après l’avalanche de guitare de "Before", "Open Up Your Door" commence mystique, sur une magie mélodique absolue, et se termine sur un incroyable final hollywoodien. Comme dans les films. Au rappel, Hawley émerveille avec sa voix de baryton sur "I’m Waiting for the Man", de Lou Reed sur le premier album du Velvet Underground (+ Nico) en 1967. "The Ocean" final invite à fermer les yeux, à retenir son souffle, et se termine sur un solo de guitare à déchirer les profondeurs de l’âme.

Voilà qui confirme tout le bien que l’on pouvait penser de cet homme. Après le cœur, une jambe brisée, qu’est-ce que c’est ? Pour laisser entendre que le moment était majeur, l’on parle de l’un des concerts de l’année, c’est ça ? Ce fut.

Dominique Simonet

Album "Standing at the Sky’s Edge", Parlophone/EMI. En concert le 12 octobre à l’Ancienne Belgique, Bruxelles.

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