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12/05/2012

Chilly con carne

450.jpgVendredi, côté Jardin, le menu de la seconde soirée de joyeusetés botaniques était très épicé.

Et nous commencions, impatients, à l'étage du Musée. Écrin de choix et vue imprenable pour assister au retour de l'auto-proclamé "musical genius" Chilly Gonzales en terres bruxelloises. En janvier de cette année, déjà, le Canadien foulait les couloirs des serres et nous avait offert à l'Orangerie une prestation gratinée. Déboulant sur le tapis rouge comme une star du Festival de Cannes, dans son éternel peignoir et chaussé comme à son habitude de confortables pantoufles, notre hôte ironise d'entrée sur le sujet. "Vous avez remarqué comme je viens souvent en Belgique ces temps-ci? En fait, j'essaie toutes les pièces du bâtiment..." Celle de ce vendredi lui sied parfaitement (Crédits: Alexis Haulot).


Puis, la leçon de piano débute. S'il est un musicien de haut vol, l'ami Chilly est aussi – surtout? – un amuseur public charismatique. Le voilà donc qui blague, saute, enseigne quelques notes aux courageux volontaires, se moque un rien, tchatche mélodie, harmonie, rythme, développe sa vision socio-politique du duel majeur/mineur, martyrise ou caresse les touches noires et blanches, se met debout sur l'instrument, en joue des pieds, déborde et fait rire l'assemblée. Un peu moins de couplets rappés cette fois (à peine quelques "Beans" et "Bongo monologue"), c'est sans doute l'endroit qui veut ça. Mais quelques parenthèses magiques et des applaudissements extatiques. Quoi, c'est déjà fini...?

Sous le chapiteau, des liesses de jeunes gens souriants lèvent les bras et décrivent des ronds de bouches au son des hymnes synthétiques de The Rapture. Le genre de sucreries qui, de coutume, exciteraient nos papilles... Mais après le show fantasque de Gonzales pointent chez nous des envies de riffs sanglants et de chair fraîche. Direction l'Orangerie et sa soirée rock. Deux formations belges que l'on commence à bien connaître devaient encore s'y produire à mi-parcours. The Experimental Tropic Blues Band, toujours aussi puissant, clôturera ces échanges électriques avec fougue et maestria. Mais c'est surtout la prestation de Romano Nervoso, juste avant les Liégeois, qui nous aura le plus emballés.

Cela faisait un bail qu'on n'avait plus éprouvé live les assauts de la bande à Giacomo. Et force est de constater qu'à la veille de sortir leur second opus, les Louviérois ont pris de l'envergure. Un son bien gonflé, des pogos à l'ancienne et une reprise épique des Sonics ("Have love will travel", elle-même reprise de Richard Berry) plus tard, le public est au sol. Le rock du plat pays à bonne mine avant d'attaquer l'été.

Nicolas Capart

LE CONCERT DE CHILLY GONZALES EN IMAGES

 

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