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19.01.2012

Veence Hanao, Dealer de chair de poule

402602_366845273341482_100000480363676_1498101_1904668333_n.jpgDe retour sur scène avec un deuxième album en devenir, Veence Hanao s'offrait trois 140 cette semaine.

Cela fait quelques temps qu'Hanao traîne sa carapace et sa plume vénéneuse dans les rues de Bruxelles et autant d'années, disons-le, que la nôtre est dithyrambique à l'égard de ce jeune rappeur aujourd'hui quasiment trentenaire. Ce sont d'ailleurs ces mêmes ruelles quadrillées de la capitale qui l'ont en partie inspiré pour son retour sur scène – celle du 140 – où il s'est présenté face à nous trois soirs durant depuis mardi au milieu des "mannequins sans tête". Une "image violente digérée" parmi d'autres, qui a inspiré l'artiste et qu'il dénonce en rimes et en éclats de voix au fil de ses nouvelles compos.


Veence avait donc choisi le Théâtre de l'Avenue Plasky pour les dévoiler au public et opté pour la sobriété côté décor laissant, en bon slammeur de formation, les premières loges au texte. À ses côtés, Rémi Zombek, installé derrière une batterie et plusieurs boîtes à sons, tente de donner vie aux instrumentations. Et V.H. de détendre l'atmosphère tant bien que mal entres deux performances habitées, entre chaque morceau "pavé" comme lui-même aime les appeler. Mais, niveau assurance, notre hôte a pris du galon, c'est sûr, et ses interventions se font désormais dans la lumière et le sourire en coin.

Après l'intro, on reconnaît plage 2 la basse vrombissante du déjà clippé "Kick, Snare, Bien". Une fois n'est pas coutume, ici la mélodie et ses méandres digitaux occupent les avant-postes. Mais la verve n'est jamais loin: "Vot' garçon est si malsain, mais taiseux et malin, c'est ce que diraient nos bulletins..." La description lui sied plutôt pas mal, c'est vrai. Et se justifie d'autant plus à l'entame d'un triptyque consacré à la violence dont nous n'extrairons qu'un morceau choisi en forme de questionnement: "Je me demande qui envoie les mouches sur les plaies béantes?" Ambiance...

Puis, Veence prend la télécommande et on se détend avec la trame jazzy et le flow blasé de "Chasse et Pêche", moqueur et pertinent, avant de se prendre en frontal les deux grandes oreilles de "Mickey Mouse". Sans doute le nouveau titre le plus éloquent du emcee bruxellois. Clin d'oeil énervé au marché du travail, retraçant ici le destin d'un quidam perdu dans un costume de souriceau trop lourd à porter. Un texte surpuissant, point d'orgue et d'exclamation. On croise plus loin l'étrange "Steroid Man" et ses cascades de mots noués lors d'une probable séance d'écriture automatique en nocturne. On sait le rédacteur friand de l'exercice. Enfin, le rideau tombe sur l'élégant "Faut bien qu'ils brillent", ode à nos pupilles quand elles scintillent la nuit... Au final, cette petite résidence aura permis à son auteur de voir quels angles il faudra affiner. Mais au-delà de cette déclinaison live parfois hésitante, on brûle d'impatience à l'idée de goûter le second LP de ce dealer de chair de poule.

Nicolas Capart

Commentaires

Post très intéressant, merci )

Écrit par : emteza | 22.01.2012

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