26.11.2011
Des Kills roses de plaisir
Le duo électrique Alison Mosshart/Jamie Hince faisait son Cirque Royal samedi.
Vent de hype rock'n'roll sur notre capitale bruxelloise et plus particulièrement sur un Cirque Royal copieusement garni, même pour un samedi. Il fait froid en cette fin novembre mais, pourtant, les demoiselles peu vêtues sont légions et leurs partenaires aux tignasses rétro ébouriffées pas du genre à prêter leurs cuirs. Ce soir, en marge de l'Autumn Falls festival qui sévit au dehors, le théâtre de velours accueille un duo de notes et de charme, les Kills, de retour en Belgique avec leur quatrième album en berne. Un "Blood Pressures" qui, finalement, tient plutôt bien la route et s'est trouvé peu à peu une place confortable dans nos discothèques de poche. Mais nous avions toujours un œuf à peler avec la belle Américaine Alison Mosshart et le faux-ténébreux british Jamie Hince...
Lors de notre dernière rencontre, la paire avait réalisé un hold-up et laissé le public pantois. Une certes assez bonne prestation anversoise, baclée au Trix en trois bons quarts d'heure, qui nous avait un tantinet échaudés – et totalement ébouillanté des Liégeois présents ce soir-là malgré les trois heures cumulées de trajet. Nous étions donc présents, intéressés mais décidés à nous faire désirer.
Dans la foulée des cordes grattées et des chaussures qui gazent des insipides Weekend servi en apéro, nos hôtes entrent dans la lumière peu après 21h, et donc pas vraiment en retard. Une lumière chaude et chaotique pour épouser au mieux la chevelure devenue rose de dame Mosshart et masquer autant que faire se peut la mine toujours renfrognée de son acolyte. Force et de constater qu'Alison nous avait habitués à plus de distinction. On la découvre ici gentiment vulgaire, dans une veste écaillées aux reflets colorés – qu'on situera entre la flaque d'essence et la peau d'un poisson – surplombant un petit haut moucheté façon léopard, assorti au décor. Lui, comme d'habitude, penché sur sa guitare la mèche hirsute et les habits ébène. Et derrière eux, pour la première fois, quatre percussionnistes en blousons noirs. Même si cette bonne vieille boîte à rythmes traîne toujours dans le coin.
Après un début de set électrique et légèrement teigneux sous les doigts de monsieur, les Kills dégainent les deux meilleures cartouches du petit dernier, le galopant “Heart is a Beating Drum” et surtout l’excellent “Future Starts Slow” et son riff entêtant. Puis le groupe remonte le temps, déclinant “URA Fever” et le plus ancien encore mais toujours fringuant “Kissy Kissy”. A notre grand regret, il ne reste plus grand chose des jeux sensuels quasiment masochistes auxquels se livrait jadis le couple à la scène. Quelques rares rapprochements ou relents de violence tout au plus... Les choses ont bien changé depuis la loi Kate Moss (désormais compagne de Jamie Hince, NdlR.).
Après le poussif “Satellite”, hymne préféré des marins en permission, quatre morceaux s’enchaînent comme en apesanteur: “Last Day of Magic”, l’élégant “Baby Says”, une reprise solenelle du Velvet entamée d’un lâché de micro (“Pale Blue Eyes” que les connaisseurs auront appréciée à sa juste valeur) et le phrasé évasif de la demoiselle sur “Black Balloon”. L’oeuf est définitivement pelé. Une version éclatée de “Cheap and Cheerful” à grands renforts de tambours et la fulgurante “Tape Song” ne feront que le confirmer. En rappel, il troque les cordes pour les touches le temps de “Last Goodbye”, elle “Fuck the People”, nos cerveaux grillent une dernière fois et le duo nous laisse avec une classe folle sur “Monkey 23”. A l'autopsie, les Kills ont toujours la gachette facile, Jamie assure le coup et, même en rose, "Alison, c'est (toujours) ma copine à moi". Bien rattrapé.
Nicolas Capart
23:55 Publié dans Belgique, Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








































































































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