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27.11.2011

Classe verte à Malibu

MalibuStacy_2.jpgEn 2008, nous quittions Malibu Stacy au lendemain d'un disque-"Marathon" enregistré chez l'Oncle Sam. On les retrouve avec plaisir et un joli album fait (à la) maison.

Difficile de cerner les gars de Visé, leur style très personnel et la musique qu'il décline depuis le début des années deux mille. Si ce n'est, peut-être, en soulignant les couleurs toutes belges de leur riffs de guitares. Car depuis le point "G" de départ, il y a six ans, et jusqu'au récent petit troisième baptisé "We Are not From", l'équipée Malibu Stacy a oscillé entre power-pop décomplexée et tubes FM un rien téléphonés pour, aujourd'hui, offrir à nos oreilles un joli disque de folk-rock bucolique. Après la révélation (opérée grâce aux titres "Los Angeles" et "Sh Sh") et leurs premiers travaux hébergés sous le toit Jaune Orange, les Liégeois s'étaient laissés séduire par les sirènes d'outre-Atlantique et avaient accouché d'un "Marathon", éclair mais pas lumineux, sous la houlette de Scott Norton (Cocorosie, TV on the Radio) et Mike Major (At the Drive-in).


Plus de cadors américains aux baguettes désormais, celui-ci ils nous l'ont concocté en "famille", entre la capitale et la Cité ardente. Le résultat, c'est sans doute le chapitre le plus intéressant de la discographie du groupe. Délicat mais précis et, cette fois, mûri à raison. Tranquille mais habité et criblé d'harmonies vocales fleet foxiennes. Dix pistes qui donnent chaud pour l'hiver. Ça valait bien une mousse en terrasse.

D'abord ce titre, "We're not from", et une question évidente: d'où n'êtes vous pas?

David (de Froidmont, chant/textes): Malibu! Il y avait surtout de ça à la base du choix de ce titre. Une envie d'assumer peut-être davantage nos origines belges. Et même nos origines tout court.

Michaël (Goffard, guitare/compos): On a toujours un peu tendance à se cacher, à vouloir faire les choses différemment. Pas à ce faire passer pour ce qu'on est pas mais presque. Travailler avec des gens ceci, des gens cela, le côté américain... Sans doute car on se dit – et l'on se trompe probablement – qu'on fait les choses mieux ailleurs.

Cet album marque une sorte de retour aux sources pour le groupe, à nouveau en terres liégeoises. C'était une volonté de votre part? Ça change quoi dans la manière de travailler?

David: En Belgique, on a conçu et enregistré "We Are not From" avec une plus grande liberté et bien davantage de facilités logistiques. Ça nous a permis de nous retrouver et d'imaginer ce disque dans une ambiance calme et tranquille. Cette fois, nous n'avions plus à vivre le rush d'un séjour à grande vitesse de dix jours à New-York avec, à la sortie, l'obligation d'avoir mis les compos en boîte. On a pu prendre le temps de faire de nouveaux morceaux, d'y revenir, d'en sucrer, d'en garder... D'imaginer des cuivres, de l'harmonica, de l'accordéon, du saxe, de la clarinette ou de la flute sur tels ou tels pistes, et de rencontrer ou convier en studio des complices pour en jouer... Et l'on s'est dit, qu'au final, travailler à la maison permettait de faire de bonnes choses et plus sereinement.

Michaël: Un confort voire un luxe totalement impossible lorsque l'on bosse depuis l'étranger. Ou alors en prévoyant les rallonges financières adéquates. La question de l'argent demeure ici centrale. Le côté artisanal fait-maison permettait également de découper les budgets. Car, quoi qu'on en dise, les maisons de disques et labels sont par la force des choses devenus plus frileux à l'idée d'investir dans un projet. Le petit succès du premier album nous a permis d'être plus à l'aise pour le second, et de réaliser un rêve en allant l'enregistrer aux États-Unis. Pour ce troisième, le groupe est en quelque sorte redescendu sur terre. On a pas foulé de tapis rouge cette fois-ci, il a fallu tout recommencer à zéro. Ce qui fut une très bonne chose...

Certains citent des référents comme Yesayer ou Fleet Foxes... ça fait rougir, sourire, plaisir?

Michaël: Ceux-là font certainement partie de nos influences et des groupes que nous avons tous beaucoup écouté. Et finalement, à l'heure de créer en studio, on a toujours les mélodies d'autres dans un coin de la tête. A l'instar de Fleet Foxes pour n'en citer qu'un, nous voulions trouver nous aussi cette manière de doser les voix et d'en superposer les textures en harmonie, pour ne pas isoler la voix de David comme leader. Ce côté chorale et des ambiances plus acoustiques qui correspondaient à l'évolution de notre musique. Par contre, j'ai lu récemment une allusion à Arcade Fire, flatteuse mais que je ne comprends pas...

Ça fait un moment que vous bourlinguez dans les couloirs de la scène musicale belge, sans jamais avoir crevé l'écran... Pourquoi "We Are not From" est l'album qui révélera vraiment Malibu Stacy?

David: Pour le premier, c'était facile: on ne s'est pas posé de questions car c'était la synthèse des morceaux qu'on avait rassemblés pendant deux ou trois ans. Pour le deuxième, nous nous sommes mis trop de pression et je crois sincèrement qu'on l'a sorti trop vite. Enfin, pour celui-ci, on a changé notre fusil d'épaule, on a pris le temp de penser tous ces morceaux et l'ensemble sonne plus cohérent.

Michaël: Tout est arrivé vite, trop vite. En Belgique, on gâte trop les groupes. On a eu beaucoup de facilités, de dates, de bons cachets qu'on ne méritait sans doute pas à l'époque. À vingt ans, ça monte à la tête, on se prend vite pour un artiste. Puis, le soufflet retombe et on réalise. L'envie était intacte et, cette fois, on a fait ce disque pour les bonnes raisons.

Propos recueillis par Nicolas Capart

Un disque: "We Are not From" (62Tv/PiaS), désormais disponible en version vinyle. En concert en décembre: le 16 au Botanique (Bruxelles), le 17 au Belvedere (Namur) et le 18 à l'Inc'Rock Winter Festival (Incourt).

 

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