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31.08.2011

Red, Hot et toujours très corsé

Sans titre.jpgPour la sortie de "I'm with You", les Red Hot Chili Peppers jouaient à Cologne mardi soir. Une première européenne réussie et retransmise dans plus de 500 cinémas autour du globe.

L'annonce qui suit risque de mettre un sérieux coup (de vieux) au moral de certains inconditionnels ou simples ex-fans du légendaire combo de la Cité des Anges. Oui, les Red Hot Chili Peppers fêteront bientôt leurs trente ans de carrière. Vingt-huit depuis l'an de grâce 1983 pour être plus précis, et dix albums studios dont le petit dernier – "I'm with You" – était étrenné pour la première fois sur le Vieux Continent en ce début de semaine. Un showcase exclusif en terres allemandes auquel la presse avait été conviée mardi par une maison de disques en effervescence aux lendemains de cette importante sortie qui lance pour elle la rentrée musicale. Un rendez-vous que nous ne pouvions manquer, ne serait-ce qu'en souvenir des tubes d'antan et en dépit des dernières aventures discographiques maladroites des funk-rockeurs épicés ("By The Way" en 2002 mais surtout "Stadium Arcadium" en 2006). (crédits: Belga)


Direction la joliment nommée Rhénanie-du-Nord-Westphalie et son chef-lieu, Cologne, dont on voit poindre à l'horizon les deux clochers de la célèbre cathédrale au bout de trois heures d'autoroutes. La deuxième plus grande en Europe, qui culmine à plus de cent-cinquante mètres, les pointes quasi dans les nuages. Certes plus modeste en taille, le théâtre choisi pour l'avant-première des Red Hot a – d'extérieur seulement – des faux airs d'église de quartier. Devant l'E-Work serpente déjà un public trépignant, rangé en file indienne pour entrer dans la place. Ils ne sont d'ailleurs qu'une bonne poignée de privilégiés à avoir obtenu leur sésame pour ce lancement en grandes pompes. L'équivalent d'une petite AB malgré tout (+/- 1500 personnes), même si ce genre d'audience apparaît dérisoire au regard des stades que remplissent d'ordinaire Anthony Kiedis et ses hommes.

Niveau setlist, showcase oblige, nos hôtes nous servent dans l'ordre des pistes et en intégralité l'essence de leur nouvel opus. Côté prod', on retrouve leur éternel et talentueux complice barbu Rick Rubin. Côté inspiration, Kiedis cite "Exile on Main St.", "Tattoo You" et l'héritage des Rolling Stones. Un fort joli CV pour un disque qui, pourtant, n'a que très peu charmé nos écoutilles. Quelques minutes plus tard, l'épreuve de la scène allait nous éclairer. Dans l'entre de l'E-Werk, on trinque dans nos gobelets pailletés quand les Red Hot débarquent sous deux grands lustres scintillants. On découvre alors le visage et le doigté électrique de John Klinghoffer, remplaçant du génial et regretté John Frusciante parti en solo. Un guitariste qui se débrouille pas mal et chantonne à l'envi. À l'arrière, Chad Smith encasquetté donne de la baguette depuis la fin des eighties. À gauche, Flea, déjà torse nu, imprime le rythme de sa basse funky. Sans oublier le chanteur Anthony Kiedis, ses pectoraux et ses tatoos, qui, en dépit d'une moustache disgracieuse et d'une mèche rebelle à la Indochine, demeure un fort bel exemplaire de la gent masculine.

Après des débuts peu convaincants, le gig s'enflamme enfin au son d'une trompette et s'en va crescendo dès le single "The Adventures of Raindance Maggie". Autour de nous, le public allemand – doté soit d'une mémoire éclair, soit d'une excellente connexion internet – chante déjà tous les compos par cœur. Flea a profité de la pause du groupe pour se mettre aux touches noires et blanches. Le temps d'une ultime blague graveleuse - "I've got sweaty balls and I'm gonna play another song" - et d'un "comfortable silence", l'homme aux cheveux bleus lâche donc la basse pour s'assoir au piano et livrer l'enjoué "Happiness Loves Company". Et l'on file progressivement vers la fin du show. Reste à dégainer quelques hits pour un rappel best of. Nous n'aurons droit qu'à une redite de "Did I let you know" (rejoué car on n'y entendait pas la voix de Kiedis la première fois). Puis, au rebondissant "Me & My Friends", et enfin à l'incontournable "Give it away". Déception donc...

Qui dit événement exceptionnel, dit souvent moyens extra-ordinaires. Depuis la fin de la tournée précédente et avant cette date allemande, les Red Hot Chili Peppers n'avaient joué leurs nouveaux morceaux qu'à deux reprises – Tokyo début août et Rio de Janeiro il y a une semaine. Pour la troisième, les Californiens faisaient résonner "I'm with You" en simultané sur quatre continents (l'Asie, déjà servie, devra encore patienter). Une douzaine de caméras enregistrait en effet les moindres gestes du groupe et l'intégralité de leur prestation était diffusée en léger différé (1h à peine) sur les écrans de 540 cinémas de par le monde. Ça fait beaucoup de frustrés au terme du rappel extra-light et susmentionné. Mais, sans doute, plus de convertis encore aux mélodies nouvelles d'une équipe légendaire dont la puissance en live n'est plus à démontrer.

Nicolas Capart

LE SHOWCASE EN IMAGES

En concert le 16 octobre en Hollande (Rotterdam, Ahoy) et le 18 octobre en France (Paris, Bercy). Pas de date annoncée en Belgique pour l'instant. Plus d'infos sur la tournée: http://redhotchilipeppers.com. 

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