22.08.2011
Syd envoûtante et Joy vénéneux pour finir le BSF
Le 10e BSF a accueilli 100 000 personnes. Soirée intense, vendredi.
Le Brussels Summer Festival, qui affichait l’étoile belge du moment, Stromae, au menu de son bouquet final dimanche soir, a accueilli environ 100 000 personnes du 12 au 21 août. Le bilan "très positif" que tirent les organisateurs de cette 10e édition tient aussi à la réorganisation de l’espace, soulignent-ils. La nouvelle scène située au pied du Mont des Arts, offrant un espace large et convivial, ainsi que le véritable "parcours" créé de la place Royale à ce nouveau site - sorte de "route des saveurs" - confèrent au BSF davantage d’air et un "esprit festivalier" renforcé. Un esprit auquel on vient aussi goûter même sans assister aux concerts. (Crédits: IPM/Eric Danhier)
Le vendredi 19, lendemain du jour le plus noir de l’histoire festivalière belge, l’ambiance n’était pas à la fête dans tous les esprits. Or, précisément, la musique de groupes tels The Bony King of Nowhere, Syd Matters et Joy, trois formations à l’affiche du BSF ce soir-là, est de celles qui incitent moins à la danse qu’à une écoute attentive voire à une certaine forme de contemplation ; de celles qui, par des chemins subtils et détournés, prennent aux tripes.
Ainsi en va-t-il de la folk-pop de Syd Matters, portée à son sommet sur le quatrième album du groupe, le magnifique "Brotherocean" (LLB 17/9/2010). Sur scène, le quintette français ne renie ni l’espèce de mélancolie lumineuse (qui doit beaucoup au chant fluide et lent de Jonathan Morali), ni le subtil foisonnement sonore qui enserre ses morceaux. Il privilégie les morceaux les plus pêchus, qu’ils soient portés par les rythmiques entêtantes d’une guitare ou de percussions au galop, mais jamais avec lourdeur, la preuve par l’étonnant "Hadrian’s Wall" qui claque dans l’air ou "Me and My Horses" porté par les rapides battements de mains du public. Juste deux regrets : des chœurs trop discrets et - comme dans tous les festivals - un public par endroits trop bavard
On quitte le Mont des Arts pour rejoindre le Magic Mirrors niché dans le Parc Royal. Le petit chapiteau de bois, miroirs et satin rouge, lieu intimiste, s’avère l’écrin idéal pour Joy, le trio créé par Marc Huyghens (ex-leader de Venus). Soit une guitare (lui-même), une batterie (Françoise Vidick, qui en joue debout), un violoncelle (Céline Chappuis) et deux voix (les deux premiers cités) qui souvent n’en font qu’une, en un chant lent, expressif, exigeant. C’est une musique inquiétante, intense, sans compromis, saturée, vénéneuse, que produit Joy. On sent le trio totalement impliqué dans son art.
Le public aussi, en partie assis par terre, presque recueilli. Joy, c’est le nom d’un coûteux parfum créé par Jean Patou en 1930, à base de rose et de jasmin, dont les fleurs, fragiles, doivent être cueillies à l’aube ou au crépuscule. Le trio qui lui a emprunté son nom a, de fait, créé une fragrance rare.
Sophie Lebrun
13:11 Publié dans Concerts, Festivals, Videos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








































































































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