24.05.2011
Le retour aux affaires de Deus
Après une longue année d'absence scénique, le groupe anversois a livré un concert en forme de "best of". Avec trois nouveaux morceaux tout de même.
Ca sentait l'événement, lundi soir, devant le chapiteau du Bota pour le retour de Deus sur des planches belges. Une ambiance du genre réunion d'anciens combattants et pas mal d'excitation dans l'air. Peu avant 21 heures, il est temps d'entrer dans l'étouffoir sous peine de devoir assister au concert tout au fond. C'eût été dommage de rater un début qui fait fi de tout "round d'observation", comme on dit chez les footeux. Un "Fell off the floor, man" bien nerveux succède au "Sun Ra" d'ouverture, "The Architect" venant compléter ce trio de tête. Un morceau à la destinée spéciale: déstabilisant à sa première écoute, il est depuis devenu un des piliers du répertoire des Anversois (Crédits: Mélanie Wenger).
On ne sait pas si le même destin est promis aux trois nouveaux morceaux présentés, l'album est prévu pour la mi-septembre, mais aucun des trois ne nous a vraiment frappé l'oreille. "Constant now" fait, à la limite, figure de challenger. Contrairement aux deux autres, "Second Nature" et "Dark sets in", des ballades mi-tempo qui se fondent bien dans l'ensemble sans rien apporter de neuf, cet inédit dispose d'une identité particulière. Construit en partie autour d'une ligne de basse bondissante, il mélange influences afro-américaines et des sonorités de guitares et synthés très années 80.
De toute façon, attend-on encore du neuf de la part de Deus? Au vu de la composition du public, essentiellement des 25-45 ans, et de sa réaction aux morceaux, la réponse paraît évidente. Après le trio d'ouverture, le public reste plutôt placide pour les quatre morceaux suivants. Il est vrai qu'ils sont plus calmes aussi. Par contre, dès les premières notes d'"Instant street", l'ambiance monte d'un cran. Enchaîné avec "If you don't get what you want" et "Theme from Turnpike", le concert semble lancé. Deux morceaux plus loin, le groupe se sépare une première fois du public avec "Roses" et son crescendo fort attendu.
En rappel, "Bad Timing", un "Nothing Really ends" avorté pour cause d'instrument défaillant, "Morticiachair" et "Suds & Soda" viennent confirmer l'aspect nostalgique de la soirée. Conclusion de ces 90 minutes de concert? Contrairement à la dernière impression qu'il nous avait laissé, le groupe semble avoir retrouvé l'envie de jouer. Appliqués et aventureux quand ils se laissent aller, Tom Barman et ses compagnons ne sont pas encore des fonctionnaires du rock. Par contre, ils devront s'habituer à ce statut de groupe culte pour une génération vieillissante qui attend surtout d'eux qu'ils jouent leurs vieux succès. Sont-ils prêts à l'accepter?
Pascal De Gendt
14:40 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








































































































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