28.04.2009
Leonard Cohen, notre homme
Comme il le fit à Bruxelles le 20 octobre dernier, Leonard Cohen rentre sur scène au petit trot. Arrivé devant le pied de micro, il enlève son chapeau et salue comme face à des gens de marque. Pour lui, le public en fait partie, il n’y a pas de doute, quand on voit la manière avec laquel le vieux poète chanteur de 74 ans s’est investi dans sa tournée 2008-2009.
Peu importe, dès lors, ce qui a fait sortir l’homme du bois. Il n’est pas le seul - artiste ou non - trahi par un conseiller financier en qui il avait investi non seulement toute sa confiance, mais aussi ses économies. Quelque cinq millions de dollars tout de même. Le félon a profité du fait que Leonard, soucieux de se soustraire aux contingences du monde, faisait retraite dans un monastère bouddhiste pendant cinq ans. Joli. A son retour, complètement plumé, l’auteur-compositeur-interprète s’est vu contraint de remonter une tournée mondiale après celle qui devait être la dernière, en 96.
La réussite de ce spectacle anglais sert d’argument aux promoteurs du concert au Palais des Sports d’Anvers, le 4 juillet prochain, alors quoi ? Depuis 1967 et la première version dépouillée de "Suzanne", l’orchestration s’est étoffée. Ici, sous la direction musicale du bassiste Roscoe Beck, a été monté un ensemble très efficace de neuf muciciens. Avec des fidèles, comme la chanteuse Sharon Robinson qui, à côté de Charley et Hattie Webb, constitue le parfait interlocuteur du baryton parfois un peu évanescent qu’est le chanteur. Orgue, harmonica, pedal steel guitar, sax alto, EWI (Electronic wind instrument) font très bien dans le paysage sonore, mais l’autre dialogue privilégié s’instaure entre Cohen et Javier Mas, avec ses guitares à douze cordes et ses luths, à douze cordes eux aussi, que sont la badurria et le laúd. Ces derniers donnent une allure indiscutablement méditerranéenne à certaines musiques : Leonard Cohen, le Paolo Conte du Grand Nord ?
Il y a de ça, même si le baryton du Québécois est moins puissant que celui du Piémontais. Avec un répertoire d’une richesse poétique, musicale et humaine exceptionnelle (textes disponibles sur le DVD), le plus beau à voir est sans doute l’investissement du chanteur dans ses concerts. Souvent, un fin sourire souligne la brillance de ses yeux. Quand ce n’est pas par la passion, c’est par les convictions que son poing gauche se serre. Sinon, cette main à la peau ravinée, cette main côté cœur s’ouvre affectueusement, accueillante. "Hallelujah". L’orchestre est certes un peu conventionnel, comme le costume et l’attitude du bonhomme peuvent passer pour surannés, mais le chant consolateur et charmeur de Leonard Cohen reste unique et irremplaçable. Celui qui chante "I’m Your Man" l’est pour toujours.
Leonard Cohen, Live in London *** 1 DVD Columbia 405039 et un double CD 405022, Sony Music. En concert le 4 juillet au Palais des Sports d’Anvers. www.teleticketservice.com
Dominique Simonet
10:00 Publié dans Sorties - DVD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : leonard cohen, live in london








































































































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