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13.04.2009

L’expérience Arcade Fire

photo200.jpgDisponible sur le Net depuis décembre, voici que paraît, en DVD, le film "Miroir noir" qui raconte la vie du groupe québécois Arcade Fire dans les années 2006 et 2007. Projeté en première montréalaise au cinéma National le 2 avril dernier, il s’agit bien d’un film à classer dans la catégorie "art et essai". A cette nuance près que, en peu de temps, le groupe s’est taillé une réputation telle que "Miroir noir" pourrait rencontrer un beau succès.

Il le mérite, car il mise sur une créativité à l’image de celle du goupe. Effet de miroir. Au début - comme la fin -, un écran noir. Puis, les membres du quintet sont mis en état d’hypnose, allongés côte à côte. Place à une sorte d’envers du décor, un subconscient artistique menant à la création de l’album "Neon Bible" (mars 2007). C’est le deuxième ouvrage d’Arcade Fire, après "Funeral" (2004).


Déjà à l’époque, le groupe travaillait avec Vincent Morisset, pour le design de son site web, des vidéos. Sur un projet tel que "Miroir noir", il fallait travailler en toute confiance, raison pour laquelle Morisset a été choisi comme réalisateur. "Miroir noir", c’est la traduction française de "Black Mirror", titre qui ouvre l’album "Neon Bible" sur un riff calqué sur celui de "Suffragette City", un des grands moments de "Ziggy Stardust" (1972). Avec U2, David Bowie est l’une des influences majeures d’Arcade Fire.

Pour tenter de percer le mystère de la création, inutile de trimbaler toute une armada, rien de tel qu’une caméra à l’épaule, que porte Vincent Moon. De la petite église de Farnham transformée en studio, dans la banlieue montréalaise, à la rencontre avec la foule, en tournée, se façonne une image d’Arcade Fire entre 2006 et 2007. Très loin de l’alternance - entre images dans les coulisses, extraits d’entrevues et chansons - qui prévaut dans les documentaires musicaux, "Miroir noir" est un voyage entre l’intime et le public.

Sans narration ni narrateur, son fil conducteur est une suite de messages anonymes laissés sur le répondeur du numéro 1-866, ouvert à la sortie de l’album "Neon Bible". Un montage souple, pas nerveux comme trop souvent, permet de s’imprégner du film, de faire sa propre expérience Arcade Fire à l’image du groupe, en dehors des sentes battues. U2 a son Anton Corbijn, Arcade Fire son Vincent Morisset.

Arcade Fire, "Miroir noir" **** 1 DVD Merge 1798241.


Dominique Simonet

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