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  • Best of the BBC Recordings

     

    bbc.jpgA la fin des années soixante, Fairport Convention fut l’un des meilleurs, si pas le meilleur groupe folk rock britannique. Non seulement, ils réinventaient les traditionnels, mais composaient des originaux devenus classiques depuis, le tout jouissant de la plus grande qualité d’interprétation. Cet album fait la synthèse d’un coffret de quatre disques compacts, "Live at the BBC". Seize morceaux, dont une bonne moitié enregistrés lors d’émissions de feu John Peel, un monsieur qui n’avait pas d’œillères, ce qui est toujours utile quand on fait de la radio. La plupart de ces chansons sont illuminées par la voix claire et nette de Sandy Denny, sublime chanteuse qui disparut accidentellement en 1978. (DS)

    1 CD Island 530 829, Universal.

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  • Off with Their Heads - Kaiser Chiefs

     

    kaiser.jpgTrente-cinq minutes et quarante-trois secondes: depuis Leeds, les onze titres du troisième Kaiser Chiefs sont expédiés façon express. Et en recommandé. Après un "Yours Truly, Angry Mob" déconcertant, la clique à Ricky Wilson s’est abandonnée dans les bras du jeune réalisateur anglais Mark Ronson qui n’est pas pour rien dans les succès d’Amy Winehouse et Lily Allen. Il a d’ailleurs emmené cette dernière, ainsi que le rappeur anglo-ghanéen Sway, dans l’aventure des Chiefs, le temps d’une chanson chacun. La pop à la sauce anglaise est donc mâtinée de musique à danser, où l’on trouve de l’electro drôle ("Can’t Say What I Mean") comme du disco. Ronson a le chic pour confronter claviers et grand orchestre à cordes, une marotte qui porte ses fruits dans cette renaissance d’un esprit new-wave, essentiellement pour le meilleur. (DS)

    1CD B-Unique/Polydor 85685, Universal.

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  • Le factory festival

    nivelles.jpgIl faudra se lever de bonne heure pour suivre le déroulé complet de l’affiche du Factory Festival. Alignant une quinzaine de formations en une journée, l’événement orienté rock et folk divergent accueille des noms belges de divers calibres (Girls in Hawaii, Françoise Breut, Elvis Ghettoblaster, Austin Lace, Cosy Mozzy&Jean Monteviedo). Mais ce festival sous chapiteau regarde également au-delà de nos frontières avec une sélection soignée (Syd Matters, Swell, Troy Von Balthazar, Alamo Race Track, Oh No! Oh My!). A noter la venue quasi historique et exclusive (une de leurs deux seules dates européennes) des Young Marble Giants (notre photo), formation post-punk et new wave éphémère du début des années 80 qui influença durablement Nirvana ou R.E.M.

    Nivelles, Portes de l’Europe, le 1ernovembre, dès 11h. De 23 à 27€ Infos: www.factoryfestival.be et info@factoryfestival.be

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  • Flamboyants Last Shadow Puppets

    alex.jpg Entouré d'un orchestre à cordes et à cuivres, le groupe d'Alex Turner et Miles Kane a illuminé le Cirque Royal. Une pop théâtrale à souhait, portée par deux voix solides.

    The Last Shadow Puppets. Vous dites ? The Last Shadow Puppets. Si le nom de ce groupe anglais n'est pas encore familier à toutes les oreilles de ce côté-ci de la Manche, ce n'est qu'une question de temps. A sa sortie il y a quelques mois, le premier album de ce projet créé par Alex Turner et Miles Kane, leaders respectifs des Arctic Monkeys et The Rascals, s'est classé n°1 en Grande-Bretagne, tout en drainant un flot de critiques très élogieuses. Le premier concert belge du groupe, dimanche au Cirque Royal, affichait complet depuis belle lurette. Il a largement confirmé tout le bien qu'on pensait de son opus flamboyant.

    La pop lyrique de "The Age of Understatement" est solidement portée par un orchestre (le London Metropolitan) où dominent cordes et cuivres au galop, les voix claires des deux jeunes chanteurs surdoués, et les mélodies diablement efficaces qu'ils ont écrites à quatre mains - avant de s'entourer des talentueux James Ford (production et batterie) et Owen Pallett (arrangements). Turner et Kane confient avoir puisé leur inspiration chez Scott Walker et les premiers David Bowie notamment - voire encore Jacques Brel -, et avoir voulu créer une musique "théâtrale, dramatique". Pari tenu, avec cet album de pop épique voire euphorique, d'aspiration volontiers rétro mais au souffle moderne.

    Cavalcade

    Un petit frisson traverse le public impatient, ce dimanche. Une quinzaine de musiciens s'installent, à l'arrière-plan, sur une scène surélevée : les envolées de cordes et cuivres sont bel et bien au rendez-vous. A l'avant-plan, bardés de guitares, Alex Turner et Miles Kane s'en viennent entourés d'un bassiste, d'un batteur et d'un claviériste. Bonne nouvelle : entre tous ces éléments, le son est parfaitement équilibré. La première salve, au dramatisme sombre façon opéra rock, de "In My Room", s'élève dans l'air, magistrale; elle est suivie de l'irrésistible cavalcade "The Age of The Understatement", accueillie par les cris enthousiastes du public. Plus loin, le rythme et les violons de "Black Plant" évoquent quelque B.O. de série télé ("La croisière s'amuse" ?) ou de James Bond, alors que "I Don't Like You Anymore" s'affiche plus sombre et furieusement rock.

    Du haut de leurs 22 et 23 ans, les deux chanteurs au look terriblement Beatles et aux voix presque jumelles - qu'ils alternent (ou superposent) sans cesse -, assurent drôlement bien. A un rythme soutenu, les douze morceaux de l'album et quelques faces B y passent, outre des reprises tout sauf anodines : "Paris Summer" de Lee Hazlewood, "She's So Heavy" des Beatles, "In The Heat Of The Morning" de David Bowie, "Memories" de Leonard Cohen.

    Les morceaux sont denses, ramassés. Parfois trop courts. Le concert, rappel compris, tient en une heure et quart. Mais on ne pourra pas lui reprocher de manquer de verve et d'intensité.

    Sophie Lebrun

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  • Chapeau, Monsieur Cohen

    cohen.jpgConcert triomphal du poète chanteur à Forest National dimanche soir. Avec quelques accents stylistiques italiens, Leonard Cohen joue la séduction. Ça marche. La trentaine de chansons, classiques pour la plupart, fait merveille.

    C'est au petit trot qu'il fait son entrée en scène, le Field Commander Cohen, devant un Forest National par avance subjugué. Dans cette foule, certains fans ont trépigné d'impatience pendant quinze ans, le temps que le Montréalais se décide ou soit contraint, pour raisons financières, à remonter sur une scène. Alors, oui, on peut toujours se poser de questions sur ces retours qui, souvent, ne sont pas à la hauteur des souvenirs. Tandis que Bob Dylan passe ses vieux jours à massacrer son répertoire à la tronçonneuse, les Rolling Stones finissent par décevoir.

    Mais tous ceux qui ont vu Leonard Cohen à Bruges en juillet dernier en sont revenus éblouis. Enfin, dimanche soir à Forest, une bonne partie du public n'était pas née lorsque, aux confins des années soixante, la voix et les mots graves grimpaient les marches de la popularité. "Je suis chaud boulette jusqu'à la fin de la nuit", lance une fille aux origines principautaires... C'est cela aussi Leonard Cohen : une pérennité transgénérationnelle.

    Alors oui, le revoilà après quinze ans. C'est bien son droit, lui qui n'est entré en chanson que sur le tard, à l'âge christique de 33 ans. Né en 1934 dans la périphérie montréalaise de Westmount, au sein d'une famille juive de classe moyenne, père marchand de fringues, c'est d'abord par la poésie et la littérature que Cohen est reconnu. Celles-là même qui imprègnent des chansons sans équivalent.

    Sur scène, la bande à Cohen fait d'abord penser à celle d'un Corleone, d'un "Parrain" trempé jusqu'au cou dans "L'arnaque" : feutre mou sur la tête, complet croisé anthracite, chemise grise, le patron donne le ton à tout l'orchestre portant qui casquette, qui chapeau, qui béret. Jusqu'aux roadies et aux techniciens qui ont abandonné T-shirts et pantalons-sacs trois-quarts au profit d'une tenue distinguée.

    De l'Italie, il y a aussi quelque chose dans la musique, avec cette mandoline (Javier Mas) qui orne la plupart des chansons et une voix aussi baryton basse que celle d'un Paolo Conte, cordes vocales tapissées de goudrons nicotinisés. Ah cette voix profonde et languissante ! Il y a quarante ans, elle était déjà ce qu'elle est encore aujourd'hui, inaltérable sans doute parce que très altérée à la base, et qui semble échappée de l'insondable profondeur de l'âme humaine ("There Aint No Cure For Love"). Pourtant, elle est tout aussi touchante quand elle monte un peu, vers la fin de "Bird on a Wire" par exemple.

    Suzanne, Marianne...

    Car, bien sûr, la trentaine de chansons fait la part belle au répertoire de cet auteur-compositeur définitif : "Suzanne", "So Long, Marianne", "Avalanche", "Hey, That'No Way to Say Goodbye", etc.

    La plupart du temps catalogué "folk", l'univers du Québécois étale une palette musicale finalement très diversifiée, avec tendances funky ("Manhattan"), rock'n'roll ("Democracy"), et bien sûr gospel : "Hallelujah" a été popularisé par Jeff Buckley, mais l'entendre par son auteur même est d'une tout autre saveur. Dans le même registre, pour "Boogie Street", le chanteur laisse le micro à sa collaboratrice Sharon Robinson, tandis que lui fait les chœurs, le chapeau posé sur la poitrine.

    Le galurin à Leonard, c'est aussi tout une histoire. Le chanteur ne l'enlève que pour saluer le public ou ses musiciens, en s'inclinant. Un jeu de scène à lui tout seul parce que, pour le reste, c'est pas un expansif, frère Leonard; chez lui, tout est dans la retenue : une génuflexion par-ci, un poing gauche qui se serre par- là, le tout couronné d'un très beau sourire. Ce qu'on appelle la classe.

    Question verbe, ce n'est pas non plus la logorrhée. Mais "The Partisan" ou "Everybody Knows" n'ont cure des commentaires. "Everybody knows that the dice are loaded", "Tout le monde sait que les dés sont pipés [...], tout le monde sait que le combat était arrangé, les pauvres restent pauvres, les riches s'enrichissent. C'est comme ça que ça va. [...] Tout le monde sait que le bateau fuit, tout le monde sait que le capitaine a menti..."

    Comme depuis le début de la tournée, Cohen et sa clique se fendent de trois rappels, le bonhomme entrant et sortant de scène au pas de course ! Longue de trois heures, la soirée se termine par deux titres chers, "Closing Time" et "I Tried To Leave You" : "Good night my darling, I hope you're satisfied", "le lit est étroit mais mes bras sont grand ouverts. Et voici l'homme qui œuvre pour ton sourire." Alors oui, chapeau, Monsieur Cohen.

    Dominique Simonet

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  • I'm From Barcelona - Who Killed Harry Houdini?

    cd.jpgOù est passée la fraîcheur spontanée et, sans doute, fort naïve, d'I'm From Barcelona ? Le collectif suédois, mené par Emanuel Lundgren, prend ici un virage inquiétant où la mort, les fantômes et un certain désarroi passent au premier plan. Non que le groupe ait perdu son savoir-faire. C'est tout le contraire puisque les arrangements vocaux et orchestraux, ponctués de banjo, glockenspiel et clarinette, ont atteint une perfection qui rappelle, à l'occasion, celle des Beach Boys ou de Phil Spector. Tout ce beau boulot prend une couleur automnale, chute des feuilles et des illusions. Même "Paper Planes" qu'on attendait ludique comme tout, termine sa course en piquant du nez sur une société déshumanisée. Beau et triste à la fois.

    (DS)

    1 CD Virgin 235677, EMI.

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  • The Living and The Dead - Jolie Holland

    jolie.jpgParcours jusqu'ici sans faute pour Jolie Holland, ex-The Be Good Tanyas à Vancouver, et qui, au quatrième album solo, parvient toujours à toucher, émouvoir, par moments bouleverser. A priori, sa voix n'a rien de particulier, et pourtant, elle vibre d'ondes en résonance. Parmi ces dix chansons, celles où Holland est la plus à l'aise sont les deux reprises dépouillées, une traditionnelle ("Love Henry") et une classique ("Enjoy Yoursel", rigolard). A côté de ces récréations, huit titres qui farfouillent en douce la profondeur de l'âme humaine, ses méandres tortueux. Pas du genre à se voiler la face, la jolie ! Musicalement, Marc Ribot, M. Ward et Jim White sont tous excellents, impliqués à fond. Un de ces disques, une de ces artistes qui ne laissent pas indifférent.

    (DS)

    1 CD ANTI-269522, PiaS.

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  • Encore des places pour Cohen à Forest

    cohen.jpgCeux qui étaient à Bruges le 10 juillet dernier n'en sont toujours pas revenus. Tout le monde croyait d'ailleurs que lui, Leonard Cohen, ne reviendrait pas. Erreur. Le sublime auteur-compositeur interprète, 74 ans depuis le 21 septembre, a repris du cœur à l'ouvrage scénique, et nous honore de deux dates, les 19 et 20 octobre à Forest National. Rapidement complets, ces concerts ne le sont plus : des places se sont entre-temps libérées.

    Les 19 et 20 octobre à Forest National. www.greenhousetalent.be

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  • Calexico fait danser la poussière

    cal.jpgRENCONTRE

    Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Voilà qui sied bien à Calexico. Le prolifique combo originaire de Tucson, Arizona, joue et enregistre sans arrêt. Comme nous l'a confié Joey Burns, le chanteur et guitariste, lundi un peu avant leur concert bruxellois : "Dès que le matériel est prêt, on enregistre et on met ça sur disque. On élague juste ce qu'il faut, tout de même." Cela donne tantôt un album d'une quinzaine de titres en moyenne et, entre les coups, des mini-albums (EP) de six à huit titres. Sans parler des disques en public. La scène, l'endroit où la troupe de Calexico donne le meilleur d'elle-même depuis douze ans. Elle l'a encore prouvé ce lundi à l'Ancienne Belgique. Avec son comparse batteur John Convertino, Joey Burns est venu défendre le petit dernier, "Carried To Dust", quinze titres "réglementaires" au compteur, deux ans après le maigre "Garden Ruin" - onze pièces seulement.

    Au menu du nouvel opus, on retrouve la quintessence du son protéiforme de Calexico. Une musique où s'entremêlent élégamment pop, rock, country, folk d'inspiration western, mariachi, le jazz aussi, mais pas de tex-mex. Leur son a sans doute tendance à s'arrondir un peu depuis l'album "Feast Of Wire", plus pop dans son ensemble. A moins que l'on ne s'y soit trop accoutumé... "En fait, ça n'a jamais été si western qu'on le dit. Le fait est que les gens s'en tiennent vite à quelques chansons et que pas mal sonnent comme tel. Mais on ne fait jamais mention de morceaux comme "Sideshow", "Old Man Waltz", "Mazurka", qui ont plutôt un aspect oriental. C'est sans doute parce qu'on ne les joue pas tant que ça sur scène. Mais il est vrai que les trompettes jouées dans le style mexicain, ça marque les esprits, mais il y a tellement d'autres choses, tellement plus de nuances dans notre musique. Mais ce n'est pas grave", concède Joey Burns.

    Nuance et diversité

    Calexico se tient à la diversité. C'est dans celle-ci que le combo puise ses couleurs pour composer ses fresques sonores. Une diversité que l'on trouve encore dans les paroles, où se lient plusieurs langues, l'anglais, l'espagnol, le français. "C'est pour cela que j'aime tant être en Europe, poursuit Joey. La musique que j'aime vient du vieux jazz, de la musique expérimentale, l'électronique, le folk, le new folk ou le freak folk, comme on dit aujourd'hui, la musique classique, la world... C'est le raffinement de l'esthétique, la qualité de ces musiques, de ces sons qui résonnent en vous. On ne prend pas tout, il y a juste quelques éléments dans ces styles qui se connectent à vous à certains moments. Un exemple, il y a dix ans, j'étais en studio et j'ai entendu une session de mariachis. Ça été la révélation pour moi. Il y avait ces mouvements rapides et lents aussi comme dans la musique classique, tout était là au sein d'un morceau."

    Ce sens de la nuance, des variations de tempos et de styles, Calexico le cultive au point d'en faire une marque de fabrique. "Il y a beaucoup de mouvements dans notre musique, même dans les titres plus lents."

    Du mouvement au changement, il y a peu. Quelques grains de poussière, ou de sable. "Il y a un changement en cours. La perspective des gens aux Etats-Unis change. Il y a d'abord une révolution du café, puis une révolution du vin, une révolution de la nouvelle cuisine. Ces changements viennent des côtes, et notamment de la Côte Est, où sont arrivés les immigrés européens, mais aussi de l'Ouest, et tentent de se rejoindre au milieu. Mais c'est très difficile. Aux Etats-Unis, tout est toujours aux mains des entreprises. Mais il y a une ouverture, soutient Joey Burns. Le plus intéressant, c'est que les Etats-Unis sont de plus en plus représentés par des personnes issues d es minorités. Et ce sera très intéressant de voir les résultats des votes dans des Etats comme le Nevada, le Nouveau-Mexique, le Colorado, l'Arizona. Les plus jeunes vont-ils voter pour un gars de 72 ans (NdlR : sénateur de l'Arizona) ? C'est une très bonne chose parce que cela fait resurgir un nombre de problématiques dont les Etats-Unis doivent s'occuper : économie, représentation... Cela permet de retrouver le sens de la modération, c'est tout de même mieux que le facteur peur que l'administration Bush a agité éhontément."

    Vincent Braun

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  • NTM, la fête gâchée

    ntm.jpgLa tournée de reformation des Suprême NTM passait, samedi, par Forest National. Morceaux plus que jamais d'actualité et énergie intacte pour ces légendes du rap. Or la mauvaise sonorisation a transformé la dynamite en demi-pétard mouillé.
    Une salle de Forest National dont les gradins du haut sont fermés, faute de public pour les remplir : le concert de retour des Suprême NTM n'a visiblement pas provoqué l'engouement escompté. Pourquoi ? La moyenne d'âge des quelques milliers de personnes réunies apporte une première réponse. Visiblement, la visite de ces légendes du rap français n'a pas émoustillé la nouvelle génération de fans de rap. Le prix demandé, près de 50 euros, peut également avoir découragé plus d'une personne. Et l'on trouvait aussi dans le public quelques ex-fans dubitatifs quant à la nouvelle complicité réunissant les frères ennemis Kool Shen et Joey Starr. D'autant plus que les deux assurent qu'aucun nouvel album n'est à l'ordre du jour. Et quoi ? Tout ce show juste pour promouvoir un futur "best of" ?

    La grande majorité des personnes présentes avait pourtant décidé d'évacuer ces questions le temps d'une soirée. Pur plaisir nostalgique, pour les anciens. Pour les autres, il s'agissait peut-être de la dernière occasion d'assister à une performance d'un duo qui, à coups de rimes et concerts incendiaires, a imposé la parole de la "France des cités" dans le paysage musical francophone, le transformant de manière irréversible.

    Forest National, pas rempli donc, mais sur des charbons ardents.

    "C'est de la bombe, baby"

    En première partie, le rappeur Seyfu se charge de chauffer la salle. Qui est proche du point d'ébullition durant l'intro du concert, lorsqu'un Suprême NTM géant s'inscrit sur l'écran du fond. C'est "Seine-Saint-Denis Style" qui se charge de faire exploser le public. "C'est de la bombe, baby", comme ils disent.

    Une fois les premières paroles reprises en chœur, les cris de joie et l'ovation terminée, il faut pourtant enregistrer une première déception : le son qui ne claque pas.

    A l'arrière de la fosse règne même la méchante impression que seules les enceintes, qui assurent le retour sur scène, sont branchées. Malgré l'énergie dépensée par le duo, fidèle à sa réputation, il faut donc attendre l'hymne "Passe le oinj" pour voir le public sauter.

    La mitraillette et le jaguar

    Sur scène, tout se passe comme on l'attendait : Kool Shen assure avec son débit mitraillette tandis que Joey Starr, le jaguar, fait parler toute son animalité. Pour le meilleur, lorsque sur "Carnival", issu de son album solo, il met la salle sens dessus dessous. Mais aussi, pour le pire, lorsqu'il perd du temps à haranguer le public assis.

    Après un peu plus d'une heure, batteur, bassiste, guitariste, clavier et choriste viennent remplir la scène. On ne les entend malheureusement pas plus que les DJ et, de guerre lasse, l'intérêt baisse jusqu'aux rappels. Deux heures sont passées, le groupe reprend "Seine-Saint-Denis Style" en version rock, Kool Shen fait un beau plongeon depuis la scène dans le public et la boucle est bouclée. Sur une note frustrante : l'énergie attendue était là, les baffles ne l'ont pas relayée.

    Pascal De Gendt

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  • L'inextinguible flamme

    d323df146d07a5714cd7a0eaa416f36a.jpgIl faut l'entendre pour le croire. Au tout début du printemps 1967, Otis Redding (9 septembre 1941, Dawson, Géorgie) tourne dans les grandes villes européennes au sein de la revue Stax, l'étiquette de Memphis pour laquelle il enregistre et dont, à lui tout seul, il a quasi défini l'approche artistique et le son. Originellement, le disque a paru en 1967, peu avant la mort du chanteur, dans un crash aérien, le 10 décembre à Madison, dans le Wisconsin. Sous le nom de "Live in Europe", il contenait sept titres enregistrés au Finsbury Park Astoria le 17 mars. A prix léger, la présente livraison ajoute dix chansons, captées, elles, à l'Olympia de Paris lors des deux shows qui eurent lieu le 21 mars, le premier à 19 heures, le second à 22 heures. Dans tous les cas, Otis Redding est accompagné par Booker T.&the MG's, quartet fameux tenu par l'organiste Booker T. Jones et où s'illustre le guitariste réalisateur Steve Cropper. Les cuivres, soit une trompette et deux saxes ténor, sont assurés par les Mar-Keys.

    Décrire l'ambiance lors de ces spectacles par des qualificatifs du genre "volcanique" ou "explosive" n'a pas de sens, tant l'électricité à haute tension qui règne là est perceptible jusque dans ces enregistrements, quarante ans plus tard. Le travail de la maison de disques y est d'ailleurs pour quelque chose : le mixage a été refait à partir des bandes originales, dont le meilleur a été tiré sans trahison aucune, ce qui distingue, de loin, cette édition de toutes les précédentes.

    Lors de son passage en Grande-Bretagne, Redding a fait sensation avec ses reprises des Beatles ("Day Tripper") et des Rolling Stones ("(I Can 't Get No) Satisfaction"), renvoyant ainsi la balle de l' "Invasion britannique" aux Etats-Unis dans le camp d'origine. Mais, au passage, le chanteur en a fait des standards soul qui complètent les siens, "Respect", "Fa-Fa-Fa-Fa-Fa (Sad Song)" ou "Shake" de Sam Cooke. Géant physiquement, il l'est aussi comme interprète, avec un chant à l'arraché en permanence, sans donner une seule fois l'impression que ça va lâcher. Pas besoin d'image pour voir son cou tendu, la transpiration dégouliner sur son visage et son grand corps dodeliner en groove. La seconde partie, à Paris, comporte trois titres de plus, tous signés par Otis Redding, dont l'excellent "I've Been Loving You Too Long". Les deux concerts se terminent par le splendide "Try a Little Tenderness" qui fait dire à un chroniqueur : "Si vous ne connaissez pas l'amour, écoutez ça !"

    Otis Redding, "Live in London and Paris"   Volt/Stax 8807230892, Univsersal. Midprice. 

    Dominique Simonet 

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  • Supreme NTM

    a35c6788e7ac4fb81b0d467f9cfd1c46.jpgPierre angulaire du rap et de la culture hip hop hexagonale au même titre qu'IAM ou MC Solaar, NTM se reformait le 13 mars 2008. Joignant les paroles aux actes, les lascars du 9-3 lançaient, fin juin  à Paris, une tournée d'une quinzaine de dates attendues sous nos latitudes. Un événement puisque les rappeurs n'ont pas mis le pieds chez nous depuis 10 ans. Mais aussi une prestation promo pour présenter leur Best Of NTM.

    Bruxelles, Forest National, le 11 octobre, dès 20 h. 45 €.

    Info : 0900.84.100 (0,45 €/min.) ou www.forestnational.be.

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