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  • Etana, la plus belle voix de Couleur Café

    On connaissait déjà le pas du Fakoly, le reggaeman ivoirien courant d'un bout à l'autre de la scène avant de lancer sa guibolle comme pour un tir au but. Voici maintenant le saut du Luciano, le Jamaïcain traversant la scène en s'appuyant sur un pied pour faire des bonds avant de terminer sa course par un salto, façon footballist venant de taper un coup dans la cage. Dimanche en fin de soirée, à Couleur Café, il a fait sensation. En tenue de camouflage, le colonel rouge jauve vert est acccompagné de trois voix superbes, galonnées elles aussi. Mais la découverte de la soirée et, pourquoi pas du festival, c'était avant. En première partie, Luciano présente une consoeur jamaïcaine répondant au doux nom d'Etana, l'une des plus belles voix qu'on ait jamais entendue. Dans ses cordes vocales, il y a autant les Caraïbes que l'Afrique, et sa musique n'est pas uniquement reggae, loin de là. Etana définit son art comme étant du "reggae-soul", teinté de pop, de jazz, etc. Mais quelle voix! On n'en est toujours pas revenu: "ça vient droit du coeur, droit de l'âme, droit des gens et de la vie quotidienne" explique-t-elle encore. Etana vient de sortir un premier album solo, "The Strong One", chez VP Records. A quand un concert à part entière? (DS)   

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  • Fadila Laanan et le MC

    "J'adore", s'exclame la ministre Fadila Laanan à propos du festival Couleur Café, où elle vient de passer les trois jours. Comme d' hab.: "Il y a 15 ans que je fréquente Couleur Café, un festival qui allie la mixité des genres à celle des gens. Un festival super engagé aussi." Et de rappeler que, nommée un mois de juillet, on l'a surnommée "la ministre Couleur café". Séduisante et séductrice, elle avoue un faible pour MC Solaar: "Pour blaguer, j'avais dit que si le le rencontrais, je le demanderais en mariage. J'ai été super émue de le voir personnellement. Il est gentil, et c'est un des plus grands poètes contemporains. Je l'écoute tout le temps, quand je prends l'avion, en vacances, tout le temps". Cette année, Fadila a aussi craqué pour Bernard Lavilliers, Jimmy Cliff, Natacha Atlas: "je suis attirée par ma culture d'origine, et elle en fait quelque chose de très rock'n'roll." Alors, à l'année prochaine, pour la vingtième de Couleur Café, Madame la Ministre. (DS)   

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  • Massilia Sound System fait monter l'aïoli

    "Òai e Libertat", titre de leur dernier album, trône comme un manifeste devant la table à DJ, sous la bannière de la croix occitane: les Massilia Sound System, c'est toujours un grand moment festif. "Aujourd'hui même, nos amis à Marseille, vous savez ce qu'ils font? Ils sont au cabanon". Et c'est parti pour un ragga-hip-hop-dub de première bourre. Backstage, comme disent les professionnels de la profession, flotte une odeur anisée de pastaga. Piles de plateaux de "51" attendent gosiers en pente. Sur scène, les Marseillais ne ménagent pas leurs efforts: DJ, claviers, guitare électrique bien méchante, et voilà Bruxelles qui bondit, Bruxelles qui pogote, Bruxelles sur Canebière. 20h30, sous la grande tente de Couleur Café, les roadies passent les plateaux de pastis, sous l'oeil perplexe du préposé de la Croix-Rouge se demandant ce qu'il va avoir à ramasser plus tard dans la soirée, et dans quel état. Qu'il soit rassuré: ça va juste abreuver les deux trois premiers rangs, et sans excès. Mais il y a des traditions qui ont du bon. Merci les Massillia. (DS)

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  • Le charme d'Atlas

    Loin de l'orchestration traditionnelle de son album le plus récent ("Ana Hina", voir La libre Culture du 25 juin ou lalibre.be), la chanteuse belgo-anglo-égyptienne Natacha Atlas est ici en configuration "festivals", soit claviers, basse, batterie avec, tout de même, des percussions nord-africaines. Qu'à cela ne tienne, la petite sait y faire. En grâce et en douceur, elle instille des rythmes ondulants comme les dunes du désert, rythmes auxquels se moulent les circonvolutions vocales de la plus belle eau. Grâce à Dieu, elle n'a pas oublié son passé de danseuse du ventre - quand on est passé par les restos de la chaussée de Haecht à Bruxelles, c'est pour toujours. Elle en fait profiter tout le monde. Même avec une serviette entre les mains, elle conserve charme et élégance. Mais l'affaire se corse quand batteur et percussionniste se lancent dans une joute sans merci. Natacha Atlas, un des jolis moments de Couleur Café. (DS)  

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  • Le Couleur Café de Marie Arena

    Elle est là, comme ça, charmante, délicieusement discrète, à un guichet où l'on vend des tickets boisson: Marie Arena, ministre de son état, aime bien se balader à Couleur Café. Sourire ensoleillé: vendredi "L'Orchestre National de Barbès" "a mis le feu à la tente", dit la ministre qui, ce jour-là, a tenu à être présente à l'ouverture du Village ONG, où domine la thématique sur les sans-papiers. Et ce dimanche soir? "Natacha Atlas, j'ai adoré. Elle parle d'amour et de sentiments avec sensualité, elle porte en elle tous ses symboles." Et ensuite? Il y a James Deano qui commence, et Marie Arena ne voudrait pas louper ça. (DS)

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  • En couleurs jusqu'au bout

    Après deux jours bigrement remplis, Couleur Café entre donc dans sa dernière ligne droite. Mais l'heure n'est pas à l'au revoir, encore moins au bilan, il reste encore un dimanche chargé à partager! Une fois n'est pas coutume, le mot d'ordre est éclectisme. Franchement, quel autre festival oserait nous mettre Baloji, Le Peuple de l'Herbe, Jimmy Cliff et Zucchero dans une même soirée?
    L'entrée en matière sera plutôt hip-hop avec, roue dans roue, les Marseillais de Psy 4 de la Rime et le Belgo-Congolais Baloji. A Marseille, les premiers ont pris la relève d' IAM et de la Fonky Family avec leur rap énergique, fougueux, poussant loin le travail sur les rimes. En trois albums, dont le dernier en date « Les Cités d'Or » (2008), Soprano et les siens occupent désormais une place confortable dans la scène rap hexagonale. A découvrir dès 17h sous la tente Univers. Peu après, côté Fiesta, c'est Baloji qui prendra les planches pour un set très attendu. En nous ouvrant les portes de son « Hôtel Impala », l'ex-Starflam revient à ses origines congolaises et nous parle de son arrivée en Belgique, de son expérience de sans-papiers. Sur scène, il sera exceptionnellement rejoint par The Marvellous Gospel Singers.

    Du côté de la scène Titan, à 19h30, ce sont d'autres Marseillais qui viendront mettre le feu à Couleur Café. Massilia Sound System, c'est une bande de troubadours des temps modernes, se souvenant de leurs origines occitannes sur un ragga ensoleillé. Un peu avant 21h, James Deano sera du côté de la scène Electro-World. Avec son album « Le Fils du Commissaire », le rappeur originaire de Waterloo s'est tailléune réputation au-delà des frontières belges. Avec son tube « Les blancs ne savent pas danser », la France est aussi à l'heure Deano!

    Après cette vague urbaine, Couleur Café reviendra au soleil avec un reggae inusable, celui de de Jimmy Cliff. « Reggae Night », « Many Rivers To Cross », autant de tubes qui ont fait de l'artiste l'une des figures les plus emblématiques du reggae jamaïquain. Avec Jimmy Cliff, la tente Titan devrait se transformer en un dancehall déchaîné! En point final, c'est Zucchero qui foulera le dernier la scène Titan. Faut-il vraiment présenter la superstar italienne? Du blues au rock en passant par le rythm'n soul, la carrière de Zucchero ne se résume pas à « Senza una donna », son incontournable duo avec Paul Young. Au fil des ans, on l'a vu collaborer avec Eric Clapton, Miles Davis, Sting ou encore Pavarotti.

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  • Kassav', le feu

    ça chauffe, ce samedi soir à Couleur Café. Tour? Taxis? On ne sait plus très bien après le passage de la tornade Kassav'. Le terrain avait été préparé plus qu'honorablement par un Bernard Lavilliers au mieux de sa forme, ne tenant pas en place dans l'espace qu'il s'est créé, entre Brésil, Cuba et Antilles. Aux Antilles, l'on est plus que jamais avec Kassav', vétérans de cette forme pop qu'est le zouk, mais des vieux de la vieille qui n'ont pas leur pareil pour bouter le feu. Le grand chapiteau qu'on appelle Titan, est rempli comme jamais et déborde de tous côtés. Aux appels à bouger du groupe antillais, la foule répond au doigt et l'oeil, pour une folie collective  qui remplit tout le monde de bonheur. Quand ils terminent, personne n'en a assez.  Quel métier, quelle puissance de feu. Bon, ce n'est pas le tout de ça, mais entre temps, Tiken Jah Fakoly est monté en scène et nous parle de Patrice Lumumba, alors on y va pour une fin de soirée reggae. (DS)

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  • Baduizte, plus que jamais

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    Avant de se replonger dans le chaudron, retour en arrière de quelques heures. Après avoir laissé décanter les souvenirs, que retiendra-t-on de la soirée de vendredi? Erykah Badu! Il y a longtemps qu'un concert ne nous avait plus happé de cette manière.  A l'instar de ce qu'elle réussit sur ses albums, la soulwoman texane a créé une bulle en dehors de tout espace-temps, une sorte d'univers plein de surprise, de chaleur humaine et empli, osons le mot, d'une spiritualité bien particulière.

     Comment vous décrire ce concert? On se souvient d'avoir dansé sur des passages funkadéliques endiablés. Mais jamais plus de trois minutes d'affilée. On se souvient d'avoir assisté, sans doute bouche bée, à des dialogues entre les instruments (quel band d'ailleurs !) et la voix de dame Erykah. Mais jamais plus de trois minutes d'affilée. On se souvient d'une diva se déchaînant sur son sampler pour en tirer des sons electro-funk nous ramenant aux débuts du hip-hop. On se souvient d'un skat endiablé sur cette même rythmique. Mais aussi de chants hindous. Et d'explosions de sensualité lorsqu'elle se met à onduler sur de la soul millésimée. Et de  chants langoureux qui, sans crier gare, se transformait en cris hystériques. Et qu'elle m'a dit 'I love you". Enfin pas qu'à moi, mais je l'ai pris comme tel.

     Tout cela est confus, c'est vrai. Mais le "Baduizm" est une expérience qui ravit à la fois les oreilles, le coeur et les sens. C'est un peu mystique donc difficilement explicable. C'est aussi surtout dû à la présence magnétique d'un petit bout de femme qui arrive à captiver des milliers de personnes malgré un concert dont certains passages peuvent être qualifiés d'expérimentaux. En fait, c'est ça: une expérience qui marque. Et que j'espère revivre le 17 juillet lors de son passage au Gent Jazz Festival. Le mieux c'est de s'y donner rendez-vous pour que vous vous rendiez compte par vous-même que je n'exagère pas.

     

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  • Couleur Café ouvre les frontières

    Dès 17h, c'est un hôte de marque qui accueillera les premiers arrivants sur la scène Univers. Omar Perry est le fils du génial producteur-chanteur reggae Lee Perry. Petit, le Jamaïquain a vu défiler les plus grands dans le studio paternel, de Bob Marley à Max Roméo. Allez savoir pourquoi, il a lui aussi choisi la voie vert-jaune-rouge. Déjà un succès en France. Du reggae? En France? Bernard Lavilliers bien sûr! On ne présente plus cet amoureux des riddims jamaïquains, l'éternel baroudeur a d'ailleurs enregistré la majeure partie des morceaux à Kingston, dans les mythiques studios Tuff Gong. A voir dès 18h sur la scène Titan.

    On aura à peine le temps d'aller se restaurer que la même scène sera reprise d'assauts rythmiques. Et pas des moindres, puisque c'est le zouk de Kassav' qui envahira la grand-tente. Apparu à la fin des années 70, le groupe antillais formé par Pierre-Edouard Décimus et Freddy Marshaal est considéré comme le pionnier en matière de zouk. Toutes les musiques caribéennes se croisent dans Kassav ', boostées au funk et au rock. Filez ensuite vers la tente Univers. Vous tomberez en pleine fiesta cubana avec Raul Paz. Les fidèles de Couleur Café se souviendront sûrement de son passage au festival en 2004. Les novices découvriront un monstre de scène, tombé dans la salsa étant petit. Depuis, il n'a plus laissé de la faire évoluer, l'agrémentant ici d'électro, là de dub.

    Sur les coups de 22h, la nouvelle star du reggae africain prendra le relais. Après avoir rempli l'Ancienne Belgique par deux fois ces derniers mois, il mettra le feu ce soir à la tente Titan. A ne rater sous aucun, mais alors aucun prétexte. Sitôt le set de Tiken Jah Fakoly terminé, les scènes prendront la pause sur les coups de 23h30, le temps du feu d'artifice. L'occasion de reprendre des forces avant de repartir de plus belle avec Arsenal sur la scène Univers, puis Los Van Van côté Titan. Les Hongrois de Parno Graszt donneront la touche finale, gipsy pour l'occasion, au tableau d'une (nouvelle) magnifique soirée à Couleur Café. Stop ou encore? Encore bien sûr. A demain donc!

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  • Départ en trombe à Couleur Café

     

    C'est Kery James qui ouvrira la soirée, et par là-même ce Couleur Café 2008, du côté de la scène Univers. Issu du collectif français Idéal J, le rappeur français s'est démarqué en solo ces dernières années. Le charisme du bonhomme insuffle à ses textes une densité certaine, celle-là qui fait de Kery James une valeur sûre du hip-hop hexagonal. Mise en jambe idéale, donc, avant de rejoindre côté Titan le maître de l'allitération et du jeu de mot: MC Solaar. On ne présente plus le rappeur français, qui sait aussi bien s'amuser que toucher avec les mots. Son dernier exercice, « Chapitre 7 », en est l'illustration.

    Un peu avant 22h, la diva neo-soul Erykah Badu foulera les planches de la scène Titan. Une voix de velours, des rythmes éclectiques, et un physique à tomber, l'Américaine devrait placer Tour et Taxis sous une chape langoureuse. Pendant qu'Erykah Badu envoutera la tente Titan, une autre se chargera de la scène Fiesta, il s'agit de la Nigériane Asa (pour ce qui aurait dormi depuis des mois, prononcez « Asha »). Révélation world de l'année 2007, Asa a été très vite comparée à Ayo. Les deux ont en commun ces rythmiques guitare très simples, et une voix innée. Celle d'Asa, légèrement rocailleuse, mélange humour et témoignages poignants. 

    On reste au soleil, mais on vole vers l'Amérique Latine du côté de la scène Titan, avec les Cubains d'Orishas. Leur hip-hop s'est ouvert dès le début à la tradition cubaine, pour un cocktail détonnant. En cinq albums, dont le dernier « Cosita Buena », les trois MC's ont réussi à s'imposer tant au pays que sur la scène européenne. Un joli défi, quand on sait combien il est parfois dur de bousculer les traditions. Gentleman, qui jouera en même temps sur la scène Univers, a lui aussi fait fi des barrières. Cet Allemand a hissé son ragga au plus haut niveau, si bien qu'il est désormais reconnu jusqu'en Jamaïque. Luciano et Sizzla font d'ailleurs des apparitions sur les albums du bonhomme. A voir absolument.

    La soirée touche à sa fin? Mais non! On danse encore du côté de la scène Electro-World au son des platines de DJ Alfa King. "Le Roi des nuits Matongué" est le parrain des DJ africains. Il sera chargé de mettre un point d'orgue à cette première soirée de Couler Café. On lui fait confiance!

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  • Chaud, Coldplay, chaud!

    A peine sorti, le nouvel album de Coldplay est un carton planétaire. Selon la maison de disques britannique EMI, "Viva La Vida" a été vendu à 720.000 exemplaires rien qu'aux Etats-Unis, où l'on semble tout d'un coup raffoler des pleurnichards Anglais. Le disque se retrouve ainsi en tête du classement de la revue professionelle Billboard, tandis que le titre "Viva La Vida" est en tête du classement des simples. La contamination est générale, le disque étant aussi au top des Tops japonais, australien, canadien, français, allemand et, oui, belge. Tandis que cette musique bat aussi des records sur iTunes Store, le chanteur Chris Martin voit sa tronche illustrer la cover du magazine Rolling Stone, tronche qu'il trimballe dans tous les shows télévisés possibles et imaginables. Coldplay a donné un concert gratuit jeudi soir au Madison Square Garden de New York, histoire de préchauffer la tournée américaine qui débute par deux concerts complets au Forum (il n'y en a donc pas qu'à Liège!) de Los Angeles les 14 et 15 juillet. (DS)

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  • John Cale pas recalé

    On a bien cru que ça allait être le foirage total. Un confrère journaliste, la mine dépitée, s'est même fait la malle après trois-quarts d'heure.

    Fatale erreur : c'est à ce moment-là que la machine John Cale a démarré, mercredi soir, devant une salle plutôt amorphe. Après des débuts hésitants, passant d'un style à l'autre sans réel bonheur, l'homme qui a fondé le Velvet Undergroung avec Lou Reed a pris sa gratte acoustique (d'un très beau vert !) et s'est lancé dans un rock mâtiné de country puis de blues. C'était ce qu'il fallait faire.

    De morose, la grande salle du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles est devenue chaude comme une baraque à caricoles. Enfin, on reste au Palais des Beaux-Arts, on ne se lâche pas comme ça quand on est enfoncé dans un fauteuil de velours cramoisi ! Mais tout de même, sur les derniers trois-quarts d'heure, Cale et sa petite troupe guitare-base-batterie sont parvenus à déchaîner l'enthousiasme. Il était temps. Cale recalé en pleine période de remise des bulletins scolaires, ç'eût fait mauvais genre auprès de notre belle jeunesse. On a frôlé la catastrophe, et ç'eût été tout un mythe qui sombrait. Au lieu de ça, ce fut le bonheur.

    Pas de seconde session pour Monsieur Cale, mais il revient quand il veut.  (DS)

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  • Elbow, c'est bow

    Cadre idéal que l’Orangerie du Botanique pour Elbow, groupe sans esbroufe et musique raffinée, servis ici par la proximité et par un son d’une impeccable netteté. Dans la foulée de leur quatrième album, l’excellent "The seldom seen kid", Guy Garvey et ses quatre acolytes s’étaient étoffés pour l’occasion de deux violonistes choristes en robe de soirée. Tout en ayant le bon goût de ne pas se sentir obligé de les employer tout le temps, mais en les réservant à quelques morceaux, de la même façon que la musique du groupe se construit par cette alternance d’intervention des diverses voix plutôt que par une superposition constante.

    Plus charismatique que jamais nonobstant sa tenue relax, Garvey attire forcément les regards avec son allure de doux géant. Plaisantant avec la salle ("vous êtes très bien élevés, c’est presque ennuyeux"), saluant des enfants installés juste devant la scène, il ne se la joue jamais star, mais impressionne par sa présence et par une voix capable d’évoluer avec la même aisance en registre de poitrine et en registre de tête. En une heure et demi et quatorze morceaux, tirés pour l’essentiel de leurs deux derniers albums, Elbow oscille entre longs crescendos ("Station approach" ou "One day like this", avec son chorus final repris par la salle) et fulgurances (les cinq musiciens à la rampe, quatre trompettes et une caisse claire, pour le début de "Starlings", ou le final instrumental passionné de "Newborn"), entre swing doux (l’extraordinaire jeu de batterie de Richard Jupp, notamment dans "The bones of you" ou "Mexican standoff") et spleen onirique (les boules à facettes au sol pour "Mirrorball", la poésie de "The loneliness of a tower crane driver" ou "Scattered black and whites"). Puisse l’ambiance moins intimiste du Pukkelpop – ils y seront le 16 août – leur être tout aussi favorable.

    Nicolas Blanmont

     

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  • Tiken Jah Fakoly, fier d'être debout

    34adccad4dd8e1352231de2de16d2648.jpgLe reggae africain n'avait plus connu pareille star depuis Alpha Blondy. En douze ans et six albums, Tiken Jah Fakoly s'est imposé comme la nouvelle voix de la cause africaine, dénonçant l'injustice, l'inégalité et la corruption aux quatre coins de la planète. Dans son ascension, Tiken Jah a aussi connu l'exil, celui qui l'a poussé à quitter sa Côte d'Ivoire natale pour trouver refuge au Mali. Un départ forcé dû à ses prises de position en 2000, lorsqu'il dénonça le non-respect du processus démocratique lors des élections. Depuis, le descendant mandingue a énormément voyagé, et ce n'est plus seulement aux Africains qu'il parle désormais de l'Afrique, mais au monde entier. L'album "Coup de gueule", sorti en 2004, était empreint de cette volonté, "L'Africain" reste dans ces rails.

    Pour Tiken Jah, l'Afrique a besoin qu'on lui tende la main. "Tous les jeunes ont envie de quitter l'Afrique car il n'y a tout simplement aucun avenir pour eux. Il n'y pas d'espoir, les étudiants n'ont pas d'avenir, les paysans travaillent encore avec des moyens archaïques, l'été. En Belgique, j'imagine que personne ne travaille à la main, qu'il y a des machines un peu partout. Et comme nous sommes sur la même planète que les Belges, nous pensons que les politiques auraient pu mettre un système en place, afin de permettre à ces agriculteurs africains d'avoir du matériel moderne, pour pouvoir travailler moins et gagner plus".

     Tiken Jah n'enco rage pas pour autant les siens à quitter le continent. Il le sait, l'Afrique a besoin des siens pour s'en sortir. Dans "L'Africain", il dénonce d'ailleurs l'idée d'un eldorado occidental avec "Où aller où", ou encore "Un Africain à Paris", une reprise du "Englishman in New-York" de Sting. "Jamais je ne pousserai les jeunes à quitter l'Afrique. C'est pour ça que dans l'album, je leur raconte la traversée de l'océan qu'il faut entreprendre pour rejoindre l'Europe. Je leur décris aussi les conditions dans lesquelles vivent nos compatriotes, qui sont déjà dans cet eldorado. Mon devoir, c'est de les faire réfléchir plusieurs fois avant de partir. Mais ils doivent avoir le droit de partir !"

    C'est l'un des autres thèmes de l'album de Tiken Jah Fakoly, le droit pour les Africains de se mouvoir, selon la liberté essentielle d'aller et venir. Le titre "Ouvrez les frontières", en duo avec le rappeur marseillais Soprano, est un appel sans détour. "Les Occidentaux viennent chez nous quand ils veulent, où ils veulent. Ils demandent un visa le matin pour le Mali ou le Cameroun, ils l'ont le soir et le lendemain ils sont dans l'avion. Pour un Africain, il est devenu quasiment impossible d'improviser un voyage en Europe. Or, l'immigration a toujours été un phénomène naturel. Aujourd'hui, les gens sont choqués de voir des Africains aux frontières, et 'd'accueillir toute la misère du monde'comme disait récemment Nicols Sarkozy. Il oublie que l'Afrique a accueilli beaucoup d'entreprises françaises, qu'elles continuent à piller les richesses de notre continent ! En gros, les richesses africaines n'ont pas besoin de visas, mais les Africains oui".

    On l'aura compris, le coeur de Tiken Jah ne bat que pour sa terre, de ses ancêtres à son futur. Son Afrique, il en est fier, et revendique haut toute sa richesse humaine et culturelle. "On a longtemps essayé de nous faire croire que nous sommes un peuple misérable, que nous sommes un peuple pauvre. C'est faux, l'Afrique est l'un des continents les plus riches à l'heure actuelle. Le paradoxe est que les Africains sont parmi les plus pauvres sur la planète. On a connu 400 ans d'esclavage, la colonisation, et aujourd'hui pourtant, quand tu arrives à l'aéroport, on t'accueille avec un grand sourire. Rester debout après tous les coups encaissés, il y a vraiment de quoi être fier !"

    Après avoir rempli deux AB en octobre 2007 et en avril dernier, Tiken Jah sera samedi soir à Couleur Café. Quand on sait l'énergie scénique du bonhomme, il serait un luxe de s'en priver.

     

    Alexandre  Alajbegovic 

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  • Massilia Sound System

    31bee9877e3f94f1b939dba4f1460dfb.jpg"Aïoliiiiiiiiiii", voilà un cri qu'on devrait entendre sans se lasser, dimanche soir, sur la scène Titan de Couleur Café. Les Marseillais du Massilia Sound System déverseront leur ragga-dub teinté de sonorités occitanes, avec l'accengu'qu'il faut. Qu'on se le dise : Papet J, Moussu T et les autres servent parfois le pastis au public lors de leurs prestations. Cela promet un sacré "Oaï" ! Au programme, des morceaux comme "De longue", titre majeur de "Òai e Libertat", dixième album du collectif marseillais, un disque au nom vivant, qui claque comme un cri de lutte. On s'en frotteu les maingu'! Massilia sound System, le dimanche 29 juin, 19h30 sous la grande tente Titan.

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